Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /2008 14:14
Pas grand chose à dire. Pas envie de pousser une vraie gueulante. De toute manière, ça ne sert pas à grand-chose. Et puis, des gens le font aussi. Et ils le font bien.
Rares sont les fois où je cautionne la publicité. Pour une fois, c'est moi qui vais en faire.
Rien de transcendant. Juste un film qui vient de sortir. Les gens qui témoignent dans cette bande-annonce disent tout ce qu'il y a à dire. Rien à ajouter votre Honneur.
Je vous laisse regarder, juger et peut-être réagir. N'hésitez pas...

http://www.dailymotion.com/video/x4fhgh_we-feed-the-world-le-marche-de-la-f_politics

N.B. : Désolé de vous pondre quelque chose d'aussi... Pourris. Fallait juste que je vous en parle.
Par Corbeau noir - Publié dans : Humeurs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 15:39
La vie réserve des surprises, des malheurs, des joies, des peines... Elle est toute pleine d'évènements qui nous suprendront surement et nous pertuberont peut-être. Personne ne sait lorsqu'il nait où il ira, ce qu'il sera, comment il finira et surtout, s'il vivra heureux.

Moi, ce qui m'a dernièrement surpris, c'est de remarquer combien nous sommes prisonnier de nos propores créations. Loin de moi l'idée de critiquer la télé, notre confort, le chaffage au pétrôle, internet ou encore la couronne de la Reine Mère...
Non, bien pire que ça et tellement plus ancien... Je veux parler des tabous.

Depuis que l'Homme a décidé de se rassembler, il a commencé à façonner une société avec des régles bien précises, des droits et des devoirs, des institutions, de quoi se nourrir, se protéger et aussi, de quoi bien se comporter avec les autres. Il a crée la bienséance, la politesse.
Je ne veux pas non plus dire qu'il s'agit là de mauvaise chose. Mais en créant cela, nous avons crée ceci. Nous nous sommes donné une interdiction. Puis une autre... Puis une autre... Puis encore une...

Et c'est ainsi que nous sommes devenus esclave. Certes, il est bon d'adapter son langage suivant la personne, les sujets desquels nous parlons...
Mais même lorsque nous évoquons des sujets naturels, on peut voir des yeux se détourner, des regards errer sur le plafond ou encore entendre quelques toussotements génés.

Ainsi, aujourd'hui, de peur de choquer des gens ou de leur rappeler des mauvais souvenirs, évoquer la mort est devenu quelque chose de génant, qui met mal à l'aise. Essayer de dire à quelque que de toute manière, on a pas de soucis à se faire, on finira tous six pids sous terre, et vous verrez son regard surpris et géné devant cette évocation pourtant mille fois démontrée et évidente.

Mais cela s'applique à tellement de choses...
On ne doit pas pleurer devant des gens.
On ne doit pas rire devant quelqu'un en deuil.
On ne doit pas exprimer ses problèmes.
On ne doit pas parler d'argent.
On ne doit pas dire clairement ses sentiments.
On ne doit pas être impulsif.
On ne doit pas et on ne doit pas et on ne doit pas...

Cela se perdure depuis longtemps et continue encore... Et à chaque générations, quelque chose se rajoute ou change pour s'adapter.
Et c'est ainsi que nous nous enfermons un peu plus à chaque fois, créant nos chaines. Ces chaines qui nous empêchent peut-être de vivre pleinement nos vies et nous forcent à garder en nous nos émotions et nos soucis.

Les Mongols ou les Inuits ne connaissent pas les nombreux problèmes d'ordre psychologiques que nous subissons de plein fouet. Eux ne se posent pas ces nombreuses interdictions. Eux vivent simplement heureux, ils expriment leurs sentiments librement, essaient de trouver un problème ensemble à leurs problèmes...
C'est d'ailleurs une récente étude scientifique qui a démontré que l'on vivait plus vieux si dans le couple, les disputes étaient plus fréquentes car elles permettaient de ne pas garder sur le coeur tout nos soucis.

Paradoxe que voila... Au lieu de pouvoir nous entendre tous ensemble calmement, nous en sommes reclus à nous disputer pour vivre plus longtemps!
Et bien sur, il est mal vus de se disputer devant des gens...

Tout cela pour dire que, par ces tabous, nous nous sommes petit à petit fermé la porte de notre enclos. Nous vivons chacun dans notre petit champs ou dans notre petite mare.
Mais comme nous nous interdissons de plus en plus de choses, quand allons nous nous interdire de vivre?
Par Corbeau noir - Publié dans : Réflexions
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /2008 23:29
Parfois, on regarde le ciel et on aperçoit des gros nuages blancs comme du coton qui pelote. C'est des gros nuages qu'on aurait envie d'attraper pour les manger et les mettre tout entier dans la bouche. On regarde aussi le ciel qui change de couleur avec le soleil qui se couche doucement de notre coté pour aller réveiller ceux de l'autre coté.
On passe de l'orangé au rose pour finir sur du violet. C'est beau et c'est étrange la nature quand même.
On aime aussi s'allonger dans l'herbe, l'eau qui coule tranquillement pas loin, des poissons qui chassent en faisant claquer leur corps sur la surface sereine, créant ainsi quelques remous. On regarde à nouveau le ciel et ses nuages. On peut les voir bouger à différente allure suivant que le vent souffle plus ou moins fort. On a presque l'impression de voir la Terre bouger de notre petite place.
Et le vent... On peut le sentir faire bruisser doucement les feuilles des vieux chênes et autres jeunes pousses.L'herbe murmure une chanson douce dans l'oreille de celui qui prend le temps d'écouter. On peut entendre le vie qui y grouille, les miliers de petites bêtes qui y vivent, les petites plantes qui poussent et sortent lentement de terre pour sourire sous le soleil.
Le vent pousse dans le dos. Il souffle assez fort qu'on pourrait penser qu'en sautant, on s'envolerait très haut avec nos fameux nuages qu'on mangerait bien. Qu'on pourrait alors attraper la Lune et le Soleil à pleines mains et que surtout, le ciel nous montrerait qu'on est libre en fait. Qu'on peut voler de partout sans limites, sans contraintes, avec tout l'espoir et toute la joie de notre petit monde...
Dans ces moments là, je prendrais bien mon élan pour sauter depuis Fourvière, pour voir jusqu'où je pourrais aller avant de tomber. Si ça se trouve, je tomberais pas...

Mais c'est comme tout, les rêves ont une fin car leurs ailes sont plombées. On y croit longtemps alors ils volent avec nous dans le beau ciel bleu... Et quand la réalité arrive, le poids se rappelle à nous et à ce moment là, nos ailes sont coupés et on se sent fondre vers le sol sans rien pouvoir faire... Une chute vertigineuse qui se révèle brutale et douloureuse. Plus on vole haut, plus la chute est dure...
Mais quitte à voler, autant voler le plus haut possible! Si haut que même le poids de la réalité ne nous fera plus rien! Voler dans le ciel, le vent qui souffle, les nuages qui galopent...

Parfois, on regarde le ciel. Et on se souvient avec nostalgie de nos rêves, nos souvenirs, nos amis, nos conneries...
On se souvient de tout ça et bêtement, on sourit au vent. Le vent, lui, ne s'arrête pas et il emporte ce sourire avec lui à travers le monde. Il coure à travers les montagnes escarpées, les déserts solitaires, les étendues gelées, les mers déchainées... Avec des miliers de sourires bêtes dans la poche. Des sourires de gens qui se sont souvenus d'un morceau de leur vie qui s'était accroché à leur tête et qui s'est rappelé à leur mémoire grâce au vent qui le faisait claquer comme un drapeau.

Alors parfois, comme moi, pensez un peu à vous arrêter de courir pour sourire niaiseusement au vent. Il aime garder les souvenirs dans gens, c'est lui qui me l'a dit un jour où on s'est croisé. Et puis souvenez vous de votre histoire. Votre petite histoire rien qu'à vous. Et dites vous que vous êtes heureux...
Par Corbeau noir - Publié dans : Humeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /2008 23:29
Y a des choses que j'aime sur cette Terre mal foutue. Quand même. J'ai envie d'en parler même si je m'étais juré de ne pas parler de moi. Mais là, j'ai envie.
Ce dont je veux parler aujourd'hui, c'est les bus de nuit. Ces bus que peu de gens prennent et qui passent toutes les heures. Au départ, on se retrouve quatre ou cinq dans le bus, assis loin des uns des autres, de peur que l'on se morde peut-être. Des regards intrigués, pas méchants comme dans la journée.
Parfois un sourire ou une conversation qui s'engage. Ce n'est plus le même monde.
Ici, il y a des gens "bizarres" ou "étranges" qu'on aurait évité du regard dans la journée. Dans ce bus de nuit, ils sont là et ils sont "normaux". C'est presque ceux qui sont bien habillés ou qui semblent génés d'être là qui ne sont plus "normaux".
Et puis parfois, des gens jettent des regards mauvais ou méfiants. Ceux là s'assoient dans le fond ou près des fenêtres. Ils attendent avec impatience leur arrêt pour sortir de ce lieu qui les effraie, pour quitter ceux qui ne sont pas comme eux, pour partir de ce monde de la nuit, de ce cauchemard.
Oui, les bus de nuit sont comme le monde de la nuit. On y croise des gens étranges qu'on ne voit pas toujours à la lumière du jour. Des gens qu'on préfère laisser dans l'ombre des grands immeubles.
Mais quand le soleil se couche et qu'il n'y a plus que l'ombre, ceux qui y sont habitués s'en emparent et deviennent alors les "normaux". Et tout change.
Ce que j'aime dans ces endroits, c'est le silence entendu qui règne. Non pas un silence géné ou méfiant. Mais un silence entendu entre personne fatiguée qui savent que la nuit est faite pour être silencieuse. On ne parle pas, on se regarde de temps en temps avec parfois un sourire. Si jamais on parle, il faut que cela soit utile. On demande une cigarette, du feu, l'heure. Rien de futile comme en journée.
On admire le paysage noir avec ses quelques lampadaires qui projettent leur lumière orangée et qui donnent l'impression que tout est mort. Parfois, dans les endroits sans trop de lumière, on peut entre-apercevoir la Lune et les étoiles qui jouent à cache-cache derrière les immeubles. Et des fois, on regarde les gens rentrer chez eux ou dans leur voiture. Eux ne regardent pas les bus de nuit.
Personne ne les regarde. C'est un monde à part. Différent.
Ces bus sont des endroits où règnent le silence, le calme, la paix et surtout, la nuit. Pas de musique criarde de portable, pas de bambins qui hurlent, personne qui ne répond au portable, pas de conversations bruyantes.
La nuit est là. Et le bus se la trimballe avec sa marmaille.
Alors si un jour vous avez la chance de prendre un bus de nuit, observez ceux qui le prennent. Regardezleur dégaine, leur attitude. Suivez leur regard lorsqu'ils jettent un coup d'oeil dehors. Vous comprendrez alors ce que je veux dire.
Et vous pourrez profiter du calme de la nuit.
Par Corbeau noir - Publié dans : Réflexions
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /2008 00:14
Un petit article rapide qui flirterait presque avec Mai 68...
Un article pour rappeler à tous que les rires et les sourires des gamins, c'est quand même vachement plus boostant que n'importe quelle augmentation du CAC 40 ou que n'importe quelle annonce de paix.
Un sourire d'enfant, ça vous donne assez de courage pour aller prendre un connard de dirigeant à part et de lui rappeler qu'il a été comme ces mômes qui sourient et qui jouent inconsciemment dans le pays qu'il attaque.
Et que ces gamins, eux, ils n'ont rien demandé et que tout ce qu'ils voudraient, c'est jouer tranquille.
Par nature, un gône n'a pas envi de faire la guerre, de se battre, de rejeter un groupe de gens pour des raisons racistes, politiques ou encore religieuses.
Non, ça c'est leur parents qui leur apprennent.
Au fond, un gamin, tout ce que ça veut, c'est jouer, rire et s'amuser.
Et des fois, je me dis, pourquoi est-ce qu'on ferait pas tous pareils?
C'est notre seul point commun avec les mecs les plus connards de cette Terre. Même Ben Laden a été un gamin qui devait jouer.
Et au lieu de ça, certains s'amusent à les tuer à foisons par n'importe quels moyens, qu'ils soient conscients ou pas. Travail, malnutrition, polluants, guerres, attentats...
La liste est longue et se rallongera surement avec les années... Mais que ferons-nous quand il n'y en aura plus?
Que feras-t-on quand le rire des gamins ne résonera plus dans les cours de récré et qu'on n'entendra plus que le bruit sourd et envahissant des routes et des hommes faisant avancer le monde en faisant gagner des profits à des sociétés?
Et ben on sera dans la merde.
Tout ça pour dire que les gônes, il faut les protéger, les aimer, jouer avec eux et pas les oublier.
Et surtout, faut les écouter un peu plus. Ca nous ferait faire beaucoup moins de conneries...
Par Corbeau noir - Publié dans : Humeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 30 avril 2008 3 30 /04 /2008 19:21
Voici donc un superbe texte parlant de notre besoin de consolation. Un texte pleins d'espoi qui a été mis en musique par les Têtes Raides dans leur dernier album "Banco" que je vous conseille fortement!
Un texte de Stieg Dagerman' suédois pour information, écrit en 1952! Je vous laisse apprécier...



Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.

Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.

Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !

Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul – mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !

Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !

Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.

Les autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?

Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire.

Par contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.
Par Corbeau noir - Publié dans : Réflexions
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 23:11
Tiens, j'écris pas une histoire certains me diront...
Et ben non. Je fais pas que ça. Non, j'ai pas envie là. Certains seront content d'apprendre que ça m'a plu d'écrire "le chien du pastis." Tellement que je vais continuer. Ouais. Terrible hein?
Non, envie de dire... Quoi? Je sais même pas. En plus je m'en fous.
Communiquer pour communiquer. Un truc con que j'adore. Peut-être un coup de blues en voyant les nouvelles du jour, en lisant des rapports, en voyant mes problèmes, mes emmerdes.
Possible. Comme pleins de choses.

J'entends certains du fond gueuler parce que j'écrirais pas quelque chose de construit et de logique. Vous êtiez prévenus pourtant. Ici, je fais ce que je veux. Moralité, je fais surtout de la merde.
Un peu comme plein de choses et de personnes. Monde d'abrutis des fois je me dis.
Vous comprenez rien. Vous cherchez même pas à comprendre. Vous vous enfermez chez vous, derrière vos portes blindées. Et après, ça me parle de communication et d'ouverture. Et le pire, c'est que quand je dis ça à certains, je me fais insulter. C'est pas de me faire insulter qui me bosse problème. Je m'en fous. Traitez moi de cons, de gros connard, de salaud, de fils de pute.

Je m'en fous.

On finira tous pareil de toute façons. Six pieds sous terre. Donc que vous me crachiez votre venin à la gueule ou pas, je m'en fous.
Non, ce que je trouve répugnant, c'est votre hyprocrisie. Vos mensonges. Se mentir à soi, c'est pire que de mentir aux autres. C'est même pas être capable de se dire que la réalité est souvent moche, que la vie est pas si belle que les gentils gens de la télé le disent, qu'on est plus souvent pauvre que riche, qu'il y a plus de gens qui clamsent de faim que de gens qui vivent bien. Et y a encore pleins de trucs comme ça.
Et après, on s'étonne de me voir déprimer des fois.

Alors à toi la jeunesse qui arrive. A toi la jeunesse qui est déjà là et qui ne fait RIEN. Je te dis d'aller te faire foutre. Ca gueule dans des beaux blogs et après, ça insulte ceux qui se bougent. Ceux qui gueulent. ceux qui manifestent.
Mais promis, je suis sûr que lorsque ça ira mal chez nous, les Chinois iront manifester chez eux nan?
Alors à toi jeunesse, bouge toi. Montre moi que j'ai pas à me morfondre en voyant comment tu juges le monde. Fous moi ton poing dans ma gueule pour me dire que je me trompe. Hurle moi que je suis qu'un gros con de dire que vous vous bougez pas.
Ah c'est sûr que j'ai l'air moins sympas là. Mais vus que y a plus que ça pour attirer les gens. Y a plus qu'à vous insulter, qu'à vous montrer de la violence et du sang. Des morts. Des trucs violents et "cool"...

Y a un bout de temps, j'ai rencontré un gamin de dix ans qui me disait que plus tard, il irait tuer des irakiens. Rien à ajouter.
Hier, j'ai entendu que notre cher ministre de l'Immigration devait avoir expulsé 29 000 immigrés avant la fin de l'année. Rien à ajouter.
Aujourd'hui, on me dit que ça sert à rien de vouloir faire bouger les choses et que j'ai une mentalité d'abrutis en pensant qu'on peut peut-être commencer à réfléchir à un monde pour TOUT le monde. Rien à ajouter.
Et demain? Bah demain, je sais pas. Je garde mon venin pour l'instant. Mais j'espère. Comme d'habitude. J'espèrerais et je me lèverais en me disant que la journée sera bonne. Et que peut-être ça aura un peu changé.

Alors continuons à espérer et à regarder le soleil se lever. J'ai lu une fois que la nuit était peut-être le répit entre nos guerres. Possible.
Espérons. Espérons...
Par Corbeau noir - Publié dans : Humeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /2008 20:12
Ce matin je me suis réveillé avant le soleil. Fait rare quand on me connait. Surtout après une nuit comme celle-là... Drogues, alcools... Tout cela s'était mélé durant cette nuit de folie et je ne me souviens de rien dès le moment où j'ai fumé mon troisième joint. Juste des sensations de rires, de perdre pied, de revenir, de partir vers un monde obscur et flous pour reprendre pied encore une fois... Je ne me faisais pas d'illusions. Le retour avait dut être dramatique et c'est surement pour ça que je puais la pisse et la crasse. Possible que j'ai dormit quelques heures dans une poubelle avant de me lever pour rentrer chez moi.
La première chose qui me frappe quand je me regarde dans la glace, c'est mes yeux. Normalement, ils sont injectés de sang, ils font peur. Les gens se retournent parfois sur mon ma route pour me regarder passer en se disant surement que je suis un drogué. Ben ils ont pas tort. Je suis bien un drogué. Et pourtant, je voudrais bien ne pas en être un...
Lorsque je me suis regardé dans la glace, j'ai vu des yeux normaux. Ils n'étaient pas injectés de sangs, ils ne tiraient pas vers ce jaune qui m'allait si bien... Non, rien de tout ça. Des yeux normaux.
Bien sûr, j'ai pensé que c'était bizarre mais je m'en foutais. Ma tête me faisait trop mal. Je pouvais encore sentir dans ma bouche les goûts mélés de la marijuana et de l'alcool. Ma bouche était pateuse. Qu'elle aille se faire foutre, j'allais pas non plus utiliser ma brosse à dent. D'ailleurs, je ne sais même plus où elle est.
Après cette inspection de moi-même, je me suis approché de la fenêtre.pour regarder dehors. Personne dans les rues. Ma montre indiquait sept heure... Un record pour mon vieux corps tout pourris. Le soleil pointait derrière les autres immeubles. Les rideaux sont tous tirés sur des sommeils d'humains paisibles et bien tout comme il faut. Tsss...

Moi au moins, j'ai vu l'Enfer et violé le Paradis. Ma carcasse, je la traine de bars, en trottoir. De ruelles mal famées en appartements enfumés.
J'en avais vus des vertes et des pas mûrs et quand j'entends des gens me dire que l'on a supprimé le malheur des gens, ben ça me fait cracher mes bronches de rire. L'horreur, c'est juste qu'on veut pas la voir. Alors on la cache sous son tapis pour conserver son petit aspect bourgeois.
Une glaire alla s'écraser quelques dix mètres plus bas. Fallait pas se faire de vieux os aujourd'hui ou bien on allait moisir dans une maison pour vieux. On prenait la poussière le temps que les enfants viennent te culbuter un peu puis on attendait à nouveau. Ouais, être vieux, c'était attendre en fait. Mais attendre quoi? La mort?
Vas savoir, de toute façon, je veux pas devenir vieux. Non, je veux brûler comme ces batons là, qu'on met sur les gateaux d'anniversaires. C'est des machins, Ca fait pleins d'étincelles pendant peu de temps puis ça s'éteind.
Pas question d'attendre la mort ou quoi que ce soit., c'est moi qui viendrais la chercher dans son lit un jour de congés la garçe. Et je me dérangerais pas pour lui cracher dans l'orbite.

Un rire de squelette qui retentit dans le rue et puis plus rien.
A nouveau le calme du matin.
Je prends une bonne bouffée d'air frais. Au moins, j'aurais pas à voir les résultats des conneries qu'on fait. Je suis sûr que plus tard les mômes vivront avec des masques tout le temps tellement l'air y sera plus respirable. Y aura juste les riches qui iront habiter dans les montagnes parce que l'air est plus pur. Les autres iront clamser dans des villes grises à cause de la pollution et de toutes les conneries qu'on aura relaché partout.
Et après, les gens me disent que c'est mal de vivre comme je vis parce que "je me tue à petit feu"... 'Tain, les gens y sont marrants quand même. Dommage que l'hypocrisie ça soit pas payé, sinon, y aurait eut des heureux! Et puis de toute façon qui s'inquiète des conneries que je peux bien agiter dans ma tête de drogué hein?
Dieu? Satan? Bah, de toute manière, je leur crache à la gueule et je les encule à sec ces deux connards. Ils doivent bien s'amuser de là où ils sont ces deux gros cons. Avec leurs croix, leur purgatoire, leurs anges et leurs démons, autant dire qu'ils ressemblaient plus à deux gros glandus qui savent pas quoi faire de leur deux mains. D'ailleurs, suffit de se regarder devant la glace pour voir que Dieu, ça devait pas être un as du travail manuel. Ou alors, ça doit être un gros thon vus qu'il nous a fait à son image! En tout cas, la religion, c'est pas là que les gens vont trouver la solution à leur problème.

Une inspiration profonde du joint que je viens d'allumer. La sensation de plénitude lorsque la fumée remplit les poumons. Là, ça va mieux...
Ouais, ceux qui ont vraiment la classe en fait. C'est ceux qui choississent de vivre pleinement leur vie, d'une seule traite, sans aucun arrêt avec la mort comme terminus. Un sourire en repensant à Jimmy... Ouais, il y en avait eut pleins qui avaient tout sacrifié pour leur art. Jusqu'à leur vie. Et ils avaient la classe...
Et c'est pas parce qu'ils étaient pleins de soucis ou je ne sais quelle connerie qu'il fumait! Non, c'est parce que c'est ainsi que tout le monde devrait vivre. Vite pour mourir vite et surtout, pour mourir bien.
Bon moi, j'ai pas consacré ma vie à mon art vus que je suis pas artiste. Remarque, je suis sûr qu'une fois mort, on trouvera mes croûtes pas trop mal.Ca aussi c'était une belle connerie. Mourir pour devenir célèbre.
Suffisait de regarder l'autre dingue des tournesols et du sud là... Un artiste avec un nom allemand ou un truc comme ça... Ni une ni deux. Une fois enterré, on vend ses toiles et une vingtaine d'années plus tard, elles s'arrachent pour des sommes pas possibles. Il doit bien se marrer le mec aujourd'hui! Ca serait marrant que ça m'arrive quand même... Ouais, je vais écrire un testament tiens. En  disant que je veux qu'on me surnomme... Un surnom bien con tiens... Je suis sûr que dans l'art moderne y vont aimé ces abrutis... Ouais, le chien du pastis! La classe le surnom... Faudra que je resigne mes toiles comme ça...

Tiens, le soleil et là. Y a même le facteur. Je suis sûr je descend je lui fais peur vus comme je suis.! Putain de vie de merde. allez tous vous faire foutre tiens!
Rhoo et puis marre tiens! Je vais me casser maintenant! Pas par une overdose, c'est trop classique etr je suis sûr qu'ils me trouveront pas tout de suite ces cons! Faudra attendre que je sois bien faisandé pour qu'on vienne me voir... Ou que bien qu'on se rende compte que j'ai pas payé ma mensualité. Bande de connards. Non, je crois que je vais sauter. En face du facteur justement. Là pour le coup, ça va lui faire peur!
Une dernière bouffée de shit, un verre de whiskys cul sec.
Je m'approche de la fenêtre. A partir du dixième étage, je devrais pas me remettre debout normalement. Bon, signer les toiles en fait, on s'en fout. Vais plutôt écrire une connerie pour le testament tiens! Allez... Vous... Faire... Mettre... Bien profond! Signé, le chien du pastis!
Bande de connards, je vous emmerde tous! Je vous crache à la gueule, vous encule bien secs et j'hésiterais pas à revenir vous faire chier une fois mort! Putain de bordel de merde, saleté de vie...
C'est marrant de voir mes jambes se balancer dans le vide. J'aurais presque l'impresion de m'envoler. Oh tiens, les deux vieux d'en face viennent d'ouvrir les volets et y me regardent bizarrement. Coucou les deux cons... Coucou, coucou.... Connards! retournez dans votre confort et laissez moi tranquille... Tiens, tu le vois mon doigt mamy? Ben mets le toi là où je pense!

'Tain, y me lachent pas... Bon, ben allons choquer mamy. On finit la bouteille de whiskys sinon je suis sûr que les pompiers vont me taxer le reste. Allez, un petit coucou et c'est parti.
Whaaa... Ca chute vite quand même. Tiens, le facteur est en train de sortir! Surprise! Un junkie vous tombe dessus!




Aïe... 'Tain, c'était marrant cte vie quand même. J'aurais pas brillé avec les étoiles mais au moins, on se souviendra de moi! Et puis,surtout, tentez pas de me réanimer bande de connards. De toute façon, je peux même plus parler, j'ai l'impression que je crache du sang. Comme ça devient flou une fois que t'es mort. Et putain, on se les caille! Allez laissez moi dormir tranquille bande de cons! Cassez vous! Ou bien crachez sur mon cadavre si je vous dégoûte comme ça! Mais bordel, faites quelques chose de concret! Arrêtez de vous enfermer dans vos idées!
Putain, même en mourrant, j'aurais pas réussit à vous convaincre... Bande de salauds.. Bon maintenant, allons enculer Dieu et sa clique ou bien Satan et ses copains... On va se marrer je suis sûr... Bande de connards...
Par Corbeau noir - Publié dans : Petites histoires
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /2008 18:59
Dernièrement, une jeune et jolie demoiselle m'a demandé si j'avais un blog...
J'ai répondu que j'en avais un mais qe je l'avais perdu au fin fond d'un puit de favoris et qu'il allait faloir que je le dépoussière un peu et que je le remette à jour avant de lui présenter...
Et bien c'est avec plaisir que je vous dis que je vais m'y remettre que de temps en temps...
Toujours des trucs bidon, des trucs pas nets, des trucs illogiques, des coups de gueules, des histoires sorties de ma tête et comme d'habitude, rien sur ma vie inintéressante de psychopathe intangible et potentiellement dangeureux...
Non, ça serait vraiment trop facile de vous raconter ce que je fais dans ma vie et moi et la facilité, ben ça fait 54184442565,5. Surtout, oubliez pas le 0,5. Ca fait toute la différence.
Enfin, voila et même revoila (oh, la blague pourrie) le vieux Corbeau que vous adorez tous!
Promis, je ne censurerais pas vos commentaires.
Sauf si ça me critique en mal. Comme d'hab quoi. Et au premier qui tentera de me dire que je suis un tyran, je lui répondrais que non. Et que pour se le prouver, ben il a qu'à regarder les petits dirigeants chinois...
Sur ce, ne vous amusez pas et devenez fou! (Comme mon voisin chinois! (Ok, je sors...))
Par Corbeau noir - Publié dans : Présentation
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /2007 20:32
Ils regardaient ensemble se lever le soleil. Une fois de plus, il se levait lui, l'astre solaire.
Alors que nombre de leur ami ne le reverrait plus.
C'était la guerre et eux trois, ils étaient soldats. Malheureusement ...

Il y avait un petit avec des cheveux noirs et bouclés. Il se rasait tout les matins en sifflant un air de sa campagne ardéchoise. Il riait beaucoup et adorait parler de sa femme, Jeanine qui lui envoyait une lettre tout les jours. Lui, il s'appelait Antoine.
Il y avait aussi le petit jeunot. Un grand gringalet qui marchait d'un air déglongué comme s'il lui manquait une ou deux pièces sous ses beaux cheveux blond. Lui, il ne pensait qu'aux filles de son village et particulièrement à la belle Dominique qui lui faisait de l'oeil à chaque qu'elle le voyait. Il leur racontait, aux deux autres, que s'il rentrait vivant, il l'épouserait de suite! Même contre l'avis de ses parents! Et ils auraient un petit marmot dans leur village de Provence... Et ce gamin porterait le nom de son grand-père, c'est-à-dire Marc.
Et enfin, il y avait Joseph, le bucheron de Savoie. Lui ne parlait pas beaucoup mais quand les deux autres révaient quand il leur parlait de ses grandes forets de sapins sombres où se cachait korrigans et autres créatures mystiques. Lui, il n'avait pas de femme. Tout ce qu'il voulait, c'etait retrouver sa cabane et sa tranquillité.

Cela faisait désormais quatre mois qu'ils étaient là, à repousser les Boches, à leur balancer des grenades, à leur tirer dessus, à se faire tirer dessus, à étouffer sous les gazs, à manger des rats et de la boue, à boire l'eau de pluie receuillit dans les bottes des copains morts et surtout, à crever.
Ils avaient pensé à déserter ou même à se faire blesser. mais à eux trois, ils s'étaient fait une promesse. Celle de tenir la France. Celle de protéger leur patrie.
C'était souvent Marc qui craquait et qui se mettait alors à pleurer en voyant ceux qui étaient morts leur du dernier assaut. Une fois, ils avaient même vus un boche mourir à leur pied, le ventre complètement ouvert à la baillonnette. Marc avait voulu l'achever mais les deux autres l'avaient empéché car ils manquaient tous de balles.
Le gamin s'était alors demandé si cette guerre était vraiment utile. Si cela ne revenait pas simplement à tuer des gens pareils à eux, à se tuer entre frères! Les deux autres lui avaient rappelé les copains morts sous les balles allemades et Marc avait séché ses larmes. Il s'était relevé et avait avancé sans regarder l'allemand.

Ils souffraient tous du manque de nourriture. La nuit, ils pouvaient sentir les rats courir sur leurs corps les rats qui essayaient aussi de leur ronger les bottes. Ils se réveillaient en sursaut et donnaient de grands coups de pieds. Les rats s'éloignaient alors en couinant et allaient parfois même ronger leurs compagnons morts...
Ils dormaient dans le boue et la flotte. Ils étaient continuellement mouillé et attraper a crève signifiait bien souvent la mort. Ils ne dormaient que peu de temps car des fois, les boches tiraient pour eur faire croire à un attaque et ils se réveillaient alors en sursaut pour attraper leurs armes et se mettre en position.
A eux trois, ils s'étaient organisés pour rattraper leur sommeil en journée en établissant des tours de gardes afin de prévenir les autres de l'arrivée des gradés.

Il y avait aussi les gradés. Eux ne venaient jamais avec eux. Ils restaient bien tranquilles dans les trachées, au chaud sous leurs tentes et même, avec du café. Oui, ils étaient privilégiés et ils ne comprenaient rien à ce que eux, ils enduraient.
Et puis même entre soldats, la vie n'était pas simple. Certains n'hésitaient pas à voler les cadavres si ce n'était pas les vivants durant leur sommeil. En fin de compte, l'ennemi était partout...

Ils dormaient de moins en moins. Ils se réveillaient souvent la nuit en repessant à tout les morts qu'ils avaient vut. Qu'ils soient allemands ou français. Ils hurlaient beaucoup dans leurs rèves et se réveillaient avec de la sueur sur tout le corps. ils arrivaient à peine à réfléchir et désormais, même lorsqu'ils dormaient le jour, c'était d'un sommeil agité qu'ils dormaient. Ils se voyaient pousser des petits cris plaintifs quand ils dormaient. Ils se voyaient pleurer. ils se voyaient surtout hurler...

Aujourd'hui, il pleuvait une bruime persitante qui mouillait les vètements de tout les soldats.
Aujourd'hui, on leur avait promis que ça serait la fin. Qu'ensuite ils rentreraient. Qu'ils pourraient de nouveau voir leur famille et leurs amis.
Alors, ils espéraient et s'accrochaient encore à cet espoir.
Mais on ne l'avait pas dit qu'il y aurait un dernier assaut. Cet assaut était censé mettre fin à ce front et permettre une avancée majeure dans le camp allemand.
On était le 16 avril 1917.
Ce matin, ils n'avaient pas put voir le soleil qui chaque matin, leur redonnait l'espoir de continuer à se battre pour que la France reste française, pour que leurs copains ne soient pas morts pour rien.

Ils se préparèrent et se prirent une dernière fois avant l'assaut dans les bras en se promettant de se protéger.
Marc pleura un peu de joie en se disant que demain, tout serait fini. Antoine et Joseph sourirent devant ses larmes et lui donnèrent une franche tape dans le dos. Oui, demain tout serait fini et ils seraient à nouveau chez eux.

Les fusils furent chargés. Les soldats en position. La tension était palpable dans l'air et chacun retenait son souffle. Comme à chaque assaut, nombre d'entre eux allait aujourd'hui mourir. Pour la France.
L'ordre fut donné. Ils s'avancèrent silencieusement et soudain,es mitrailleuses allemandes commencèrent à cracher le feu. Des hurlements fussèrent de tout les cotés et les premiers soldats tombèrent.
Des balles sifflaiet aux oreilles des autres et parfois, ils étaient touchés. A la tête, au corps...
Antoine ressentit une douleur au ventre et s'effondra sans un cri. Ni Marc, ni Joseph ne le virent.
Il les vit s'éloigner vers la tranchée allemande avant de sombrer dans le noir.
Ils étaient presque arrivés lorsqu'ils virent les allemands sotirent de leur trou. Il y eut quelques coups de feu et beaucoup de coups de baillonnettes. Marc se fit trancher la gorge et Joseph hurla son nom lorsqu'il le vit tomber.
Il tua deux allemands avant de s'agenouiller près de lui pendant qu'il agonisait.
Une balle dans le coup l'acheva net.

Le matin se levait à nouveau sur les corps de ces trois hommes. Un soleil flamboyant se levait à nouveau sur le champ de bataille encore jonché des cadavres des soldats. Des hommes qui ne parlaient pas la même langue. Mais qui restaient des hommes. La guerre avait fauché Marc, Antoine, Joseph et combien d'autres encore avec un destin commun.
N'oublions jamais leur vie et leur destin....
Par Corbeau noir - Publié dans : Petites histoires
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Votre vieux Corbeau...

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus