Samedi 1 décembre 2007 6 01 12 2007 20:32
Ils regardaient ensemble se lever le soleil. Une fois de plus, il se levait lui, l'astre solaire.
Alors que nombre de leur ami ne le reverrait plus.
C'était la guerre et eux trois, ils étaient soldats. Malheureusement ...

Il y avait un petit avec des cheveux noirs et bouclés. Il se rasait tout les matins en sifflant un air de sa campagne ardéchoise. Il riait beaucoup et adorait parler de sa femme, Jeanine qui lui envoyait une lettre tout les jours. Lui, il s'appelait Antoine.
Il y avait aussi le petit jeunot. Un grand gringalet qui marchait d'un air déglongué comme s'il lui manquait une ou deux pièces sous ses beaux cheveux blond. Lui, il ne pensait qu'aux filles de son village et particulièrement à la belle Dominique qui lui faisait de l'oeil à chaque qu'elle le voyait. Il leur racontait, aux deux autres, que s'il rentrait vivant, il l'épouserait de suite! Même contre l'avis de ses parents! Et ils auraient un petit marmot dans leur village de Provence... Et ce gamin porterait le nom de son grand-père, c'est-à-dire Marc.
Et enfin, il y avait Joseph, le bucheron de Savoie. Lui ne parlait pas beaucoup mais quand les deux autres révaient quand il leur parlait de ses grandes forets de sapins sombres où se cachait korrigans et autres créatures mystiques. Lui, il n'avait pas de femme. Tout ce qu'il voulait, c'etait retrouver sa cabane et sa tranquillité.

Cela faisait désormais quatre mois qu'ils étaient là, à repousser les Boches, à leur balancer des grenades, à leur tirer dessus, à se faire tirer dessus, à étouffer sous les gazs, à manger des rats et de la boue, à boire l'eau de pluie receuillit dans les bottes des copains morts et surtout, à crever.
Ils avaient pensé à déserter ou même à se faire blesser. mais à eux trois, ils s'étaient fait une promesse. Celle de tenir la France. Celle de protéger leur patrie.
C'était souvent Marc qui craquait et qui se mettait alors à pleurer en voyant ceux qui étaient morts leur du dernier assaut. Une fois, ils avaient même vus un boche mourir à leur pied, le ventre complètement ouvert à la baillonnette. Marc avait voulu l'achever mais les deux autres l'avaient empéché car ils manquaient tous de balles.
Le gamin s'était alors demandé si cette guerre était vraiment utile. Si cela ne revenait pas simplement à tuer des gens pareils à eux, à se tuer entre frères! Les deux autres lui avaient rappelé les copains morts sous les balles allemades et Marc avait séché ses larmes. Il s'était relevé et avait avancé sans regarder l'allemand.

Ils souffraient tous du manque de nourriture. La nuit, ils pouvaient sentir les rats courir sur leurs corps les rats qui essayaient aussi de leur ronger les bottes. Ils se réveillaient en sursaut et donnaient de grands coups de pieds. Les rats s'éloignaient alors en couinant et allaient parfois même ronger leurs compagnons morts...
Ils dormaient dans le boue et la flotte. Ils étaient continuellement mouillé et attraper a crève signifiait bien souvent la mort. Ils ne dormaient que peu de temps car des fois, les boches tiraient pour eur faire croire à un attaque et ils se réveillaient alors en sursaut pour attraper leurs armes et se mettre en position.
A eux trois, ils s'étaient organisés pour rattraper leur sommeil en journée en établissant des tours de gardes afin de prévenir les autres de l'arrivée des gradés.

Il y avait aussi les gradés. Eux ne venaient jamais avec eux. Ils restaient bien tranquilles dans les trachées, au chaud sous leurs tentes et même, avec du café. Oui, ils étaient privilégiés et ils ne comprenaient rien à ce que eux, ils enduraient.
Et puis même entre soldats, la vie n'était pas simple. Certains n'hésitaient pas à voler les cadavres si ce n'était pas les vivants durant leur sommeil. En fin de compte, l'ennemi était partout...

Ils dormaient de moins en moins. Ils se réveillaient souvent la nuit en repessant à tout les morts qu'ils avaient vut. Qu'ils soient allemands ou français. Ils hurlaient beaucoup dans leurs rèves et se réveillaient avec de la sueur sur tout le corps. ils arrivaient à peine à réfléchir et désormais, même lorsqu'ils dormaient le jour, c'était d'un sommeil agité qu'ils dormaient. Ils se voyaient pousser des petits cris plaintifs quand ils dormaient. Ils se voyaient pleurer. ils se voyaient surtout hurler...

Aujourd'hui, il pleuvait une bruime persitante qui mouillait les vètements de tout les soldats.
Aujourd'hui, on leur avait promis que ça serait la fin. Qu'ensuite ils rentreraient. Qu'ils pourraient de nouveau voir leur famille et leurs amis.
Alors, ils espéraient et s'accrochaient encore à cet espoir.
Mais on ne l'avait pas dit qu'il y aurait un dernier assaut. Cet assaut était censé mettre fin à ce front et permettre une avancée majeure dans le camp allemand.
On était le 16 avril 1917.
Ce matin, ils n'avaient pas put voir le soleil qui chaque matin, leur redonnait l'espoir de continuer à se battre pour que la France reste française, pour que leurs copains ne soient pas morts pour rien.

Ils se préparèrent et se prirent une dernière fois avant l'assaut dans les bras en se promettant de se protéger.
Marc pleura un peu de joie en se disant que demain, tout serait fini. Antoine et Joseph sourirent devant ses larmes et lui donnèrent une franche tape dans le dos. Oui, demain tout serait fini et ils seraient à nouveau chez eux.

Les fusils furent chargés. Les soldats en position. La tension était palpable dans l'air et chacun retenait son souffle. Comme à chaque assaut, nombre d'entre eux allait aujourd'hui mourir. Pour la France.
L'ordre fut donné. Ils s'avancèrent silencieusement et soudain,es mitrailleuses allemandes commencèrent à cracher le feu. Des hurlements fussèrent de tout les cotés et les premiers soldats tombèrent.
Des balles sifflaiet aux oreilles des autres et parfois, ils étaient touchés. A la tête, au corps...
Antoine ressentit une douleur au ventre et s'effondra sans un cri. Ni Marc, ni Joseph ne le virent.
Il les vit s'éloigner vers la tranchée allemande avant de sombrer dans le noir.
Ils étaient presque arrivés lorsqu'ils virent les allemands sotirent de leur trou. Il y eut quelques coups de feu et beaucoup de coups de baillonnettes. Marc se fit trancher la gorge et Joseph hurla son nom lorsqu'il le vit tomber.
Il tua deux allemands avant de s'agenouiller près de lui pendant qu'il agonisait.
Une balle dans le coup l'acheva net.

Le matin se levait à nouveau sur les corps de ces trois hommes. Un soleil flamboyant se levait à nouveau sur le champ de bataille encore jonché des cadavres des soldats. Des hommes qui ne parlaient pas la même langue. Mais qui restaient des hommes. La guerre avait fauché Marc, Antoine, Joseph et combien d'autres encore avec un destin commun.
N'oublions jamais leur vie et leur destin....
Par Corbeau noir - Publié dans : Petites histoires
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