Dimanche 18 mai 2008
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Y a des choses que j'aime sur cette Terre mal foutue. Quand même. J'ai envie d'en parler même si je m'étais juré de ne pas parler de moi. Mais là, j'ai envie.
Ce dont je veux parler aujourd'hui, c'est les bus de nuit. Ces bus que peu de gens prennent et qui passent toutes les heures. Au départ, on se retrouve quatre ou cinq dans le bus, assis loin des
uns des autres, de peur que l'on se morde peut-être. Des regards intrigués, pas méchants comme dans la journée.
Parfois un sourire ou une conversation qui s'engage. Ce n'est plus le même monde.
Ici, il y a des gens "bizarres" ou "étranges" qu'on aurait évité du regard dans la journée. Dans ce bus de nuit, ils sont là et ils sont "normaux". C'est presque ceux qui sont bien habillés ou qui
semblent génés d'être là qui ne sont plus "normaux".
Et puis parfois, des gens jettent des regards mauvais ou méfiants. Ceux là s'assoient dans le fond ou près des fenêtres. Ils attendent avec impatience leur arrêt pour sortir de ce lieu qui les
effraie, pour quitter ceux qui ne sont pas comme eux, pour partir de ce monde de la nuit, de ce cauchemard.
Oui, les bus de nuit sont comme le monde de la nuit. On y croise des gens étranges qu'on ne voit pas toujours à la lumière du jour. Des gens qu'on préfère laisser dans l'ombre des grands
immeubles.
Mais quand le soleil se couche et qu'il n'y a plus que l'ombre, ceux qui y sont habitués s'en emparent et deviennent alors les "normaux". Et tout change.
Ce que j'aime dans ces endroits, c'est le silence entendu qui règne. Non pas un silence géné ou méfiant. Mais un silence entendu entre personne fatiguée qui savent que la nuit est faite pour être
silencieuse. On ne parle pas, on se regarde de temps en temps avec parfois un sourire. Si jamais on parle, il faut que cela soit utile. On demande une cigarette, du feu, l'heure. Rien de futile
comme en journée.
On admire le paysage noir avec ses quelques lampadaires qui projettent leur lumière orangée et qui donnent l'impression que tout est mort. Parfois, dans les endroits sans trop de lumière, on peut
entre-apercevoir la Lune et les étoiles qui jouent à cache-cache derrière les immeubles. Et des fois, on regarde les gens rentrer chez eux ou dans leur voiture. Eux ne regardent pas les bus de
nuit.
Personne ne les regarde. C'est un monde à part. Différent.
Ces bus sont des endroits où règnent le silence, le calme, la paix et surtout, la nuit. Pas de musique criarde de portable, pas de bambins qui hurlent, personne qui ne répond au portable, pas de
conversations bruyantes.
La nuit est là. Et le bus se la trimballe avec sa marmaille.
Alors si un jour vous avez la chance de prendre un bus de nuit, observez ceux qui le prennent. Regardezleur dégaine, leur attitude. Suivez leur regard lorsqu'ils jettent un coup d'oeil dehors. Vous
comprendrez alors ce que je veux dire.
Et vous pourrez profiter du calme de la nuit.
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