Aujourd'hui, avec la crise économique, on peut observer un phénomène intéressant qui semble être la prochaine forme du nationalisme.Il ne s'agit plus en effet d'une méfiance à l'égard du pays voisin voire de la région d'à coté mais bel et bien d'une peur d'un autre continent. En effet, face à la Crise, les continents se sont peu à peu rassemblés pour y faire face et chacun cherche aujourd'hui à faire porter le chapeau à quelqu'un et du fait de ce rassemblement, la recherche du bouc émissaire se porte essentiellement vers les autres continents. Cette recherche se traduit ensuite par la formation d'un sentiment de haine et ce sentiment se développe particulièrement dans les pays où me patriotisme est fort.
Je nommerais cette crainte des autres continents comme le « continentalisme ». Cela risque en effet de devenir l'une des prochaines menaces pour la stabilité géopolitiques de notre planète du fait des guerres que cela pourrait engendrer. Il suffit pour cela de se souvenir de la crise de 1929 qui avait amené Hitler au pouvoir. Chacun est aujourd'hui conscient de l'horreur que cela a provoqué.
Comment pourrions nous alors définir et montrer l'existence d'un tel sentiment?
Cette haine inter-continentale est aujourd'hui illustrée par un exemple marquant qu'est l'accentuation des tensions entre le bloc Nord-Américain et le bloc Asiatique.
Mais l'idée d'une guerre peut aussi être envisager dans certaines économies fragiles encore plus secouée par cette Crise.
Enfin, un conflit entre Russie et Europe est aussi une possibilité à envisager même si l'Europe est peut-être la réponse à ce nouveau sentiment national.
L'un des exemples les plus intéressants de ce « continentalisme »,s'illustre par la crainte progressive qui semble gagner les américains du nord contre l'ensemble des asiatiques et plus particulièrement la Chine. Cette crainte pour les asiatiques vient du fait que ces derniers produisent des produits manufacturés pour des prix de consommation relativement faibles. Or, du point de vue nord américain, cela a entrainé des délocalisations massives vers ces pays où le cout de la main d'œuvre était beaucoup moins important enlevant ainsi du travail aux « honnêtes gens » qu'ils étaient. Mais le raisonnement va encore bien plus loin car certains poussent même la réflexion jusqu'au fait qu'il s'agirait là d'une des origines profondes de la Crise. En effet, pour palier cette perte de gains, les américains ont commencé à produire des produits financiers de « haute voltige » tels les subprimes. Or, il est aujourd'hui clairement établi que c'est la formation de ce genre de produits financiers complexes jouant sur des failles du système de régulation qui ont provoqué la crise.
Du point de vue asiatiques, les américains restent pour une bonne partie la patrie responsables aujourd'hui de la crise alimentaire que traversent certains pays. De plus, la méfiance est parfois grande contre la nation de la Liberté qui serait en fait la « nation cherchant à piller le pays »... Dans ce bloc asiatique, il existe cependant quelques exceptions comme la Corée du Sud ou le Japon mais cela est surtout dût au niveau de vie qui y règne.
Il y a donc bien l'idée d'un rejet constant de la faute de la Crise financière sur l'autre mais ce continentalisme peut même se transformer à une méfiance entre Etats riches et Etats pauvres.
Les uns seraient taxés de pillards de l'économie mondiale et les autres de voleurs d'emplois.
L'idée de la mondialisation est alors lointaine et l'économie globalisée semble au contraire causer plus de préjudices que de bien. Pour l'instant, cette idée de « continentalisme » est encore bien lointaine et cela se traduit surtout dans une accentuation de la haine entre des continents déjà méfiants entre eux. Pourtant, il pourrait y avoir une propagation de ce sentiment dans des économies fragiles comme celle de la Russie.
Aujourd'hui, la Russie est revenue sur le devant de la scène internationale avec notamment son intervention armée en Géorgie. L'exportation de ses matières premières et notamment du pétrole et du gaz en direction de l'Europe a permit à son économie de repartir d'un pied certes fragile mais de repartir tout de même. Cependant, à cause de cette crise, les indices se sont tous effondrés et cela a même entrainé la fermeture des deux bourses de Moscou durant quelques jours afin de laisser le temps à l'Etat d'annoncer un plan de sauvetage de leur économie. Cependant, en plus de souffrir d'une réelle crise interne de confiance inter-bancaire, l'économie est encore plus malmenée par le fait que les investisseurs s'interrogent sur de possibles nationalisation massive des secteurs phares de l'économie Russe comme la sidérurgie. Enfin, comme l'ensemble des économies et à cause de leur interdépendance, l'économie réelle russe a été touchée du fait d'une baisse de la consommation.
Mais là où une réelle crainte peut survenir, c'est dans le fait que la Russie a un gouvernement qui a certes comme président Dimitri Medvedev mais Poutine y est président. Or, il existe là bas, des « jeunesses pour Poutine » qui le soutiennent à l'aide de manifestations dans les universités, dans la rue et d'interventions médiatisées. Ces jeunes sont aujourd'hui ceux qui risquent d'être le plus touchés par la Crise car elle menace leur avenir direct en leur supprimant des emplois ou en les forçant à partir de leur pays.
La naissance d'un patriotisme voire de ce sentiment de « continentalisme » semble donc très proche pour peu que Poutine utilise cette jeunesse afin de créer un potentielle tyrannie et ainsi user d'une réponse militaire face à la Crise. Mais une question qui se pose est alors de savoir si l'Europe est réellement visée.
En effet, l'Europe est aujourd'hui le principal importateur des matières premières russes et l'attaquer reviendrait à potentiellement à couper le robinet qui alimente une bonne majorité de l'économie russe. De plus, durant le conflit avec la Géorgie, c'est bien la France qui a fait le premier pas, suivis de près par l'Europe, pour un départ des forces russes en place. Il y a donc bien des liens diplomatiques moins tendus qu'avec les Etats-unis et l'Europe a ainsi parfois joué le rôle de médiatrice entre ces deux pays.
Du fait de la diversité de l'Europe et de la petitesse des Etats, on pourrait penser que le nationalisme aurait put renaître et ainsi risquer de créer des tensions entre les Etats membres. Bien au contraire, l'Europe a réagit, avec une certaine retenue certes, et a donc décidé d'un plan commun à mettre en place face à la crise. Ce plan traduit d'ailleurs bien l'idée d'une collaboration plutôt que d'une division avec la mise en place d'une cellule spéciale qui aura pour but de centraliser les mesures adoptées par les différentes membres afin de permettre ensuite l'application d'une politique commune au sein de l'Europe. Il y a donc une réelle envie de faire un front commun face à cette crise économique et c'est peut-être cela la solution face au « continentalisme ».
Mais ce sentiment de faire front commun a été renforcé par les liens culturels, économiques, industriels ou encore politiques mis en place au sein de cette communauté. L'espace Schengen a surement joué un rôle important dans ce sentiment d'union en permettant notamment de voir que la crise avait touché l'ensemble des pays européens. Les européens ont aussi acquis avec le temps l'idée que l'Europe était un communautarisme aujourd'hui indispensable pour faire face à la concurrence et notamment pour faire face aux crises aussi bien économiques comme celle là qu'aux crises politiques.
Ainsi, pour l'heure, aucune réunions économiques mondiales si ce n'est une réunion d'urgence du G7 et une réunion du G20, n'ont été organisée. Les États se contentent de mettre en place des plan de sauvetages de leur économie respective en débloquant des fonds énormes et en nationalisant en masse. L'idée donc d'un rassemblement commun tel l'Europe et peut-être la mise en place de liens plus étroits qu'ils soient économiques, militaires ou culturels entre les différents continents pourrait amener à la disparition de ce sentiment de crainte entre continents.
Mais si jamais une telle chose se mettait en place, verrions nous alors l'apparition d'une haine inter-communautaire?
L'Europe, avec les liens étroits qui ont été tissés entre les Etats membres, semble dessiner la solution à ce « continentalisme ». En effet, la création de grande communauté continentale pourrait permettre l'établissement des mêmes liens qu'au sein de l'Europe et ainsi permettre une plus grande compréhension entre les peuples.
Il est cependant intéressant de noter qu'un début de « continentalisme » entre pays riches avait commencé à apparaître lors de la déclaration de guerre des Etats-Unis à l'Irak et du positionnement des différents pays européens. Peu à peu, un sentiment anti-américains s'est emparé de quelques pays européens. Mais aujourd'hui, ce sentiment semble être atténue par la fascination qu'ont les européens pour les élections américaines. Mais qui garanti que ce « continentalisme » entre États riches ne resurgira pas? Cela se décidera-t-il suivant le président élu? Une guerre est-elle à craindre?
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