Réflexions

Dimanche 16 novembre 2008 7 16 11 2008 01:42
Mercredi 5 Novembre, 5h17, Lyon, France

Ça y est. Le résultat est tombé, irrévocable, historique, nouveau. Obama deviendra le 44° Président des États-Unis d'Amérique. L'enthousiasme grimpe dans les rues, la joie se manifeste un peu partout sur le monde. Les gens se rendent bien compte que nous sommes à ce moment même au tournant d'une époque pour en commencer une nouvelle.
L'espoir, le changement. C'est ce que les Américains ont préféré face à la continuation d'une politique dans l'erreur. D'une politique de huit longues années qui a traîné dans la boue leur pays, l'a discrédité, l'a entraîné dans un gouffre. Aujourd'hui, il semble que ce soit la fin de ce cauchemar, qu'ils puissent enfin se dire « C'est terminé ». Une page a été tourné.


Désormais s'ouvre une nouvelle ère. Une ère de changement. Cet homme semble en effet destiné à chambouler certains ordres sociaux. Nombreuses sont les personnes à parler ici d'un « nouveau Kennedy ». D'un homme capable d'inspirer l'ensemble d'une nation, l'ensemble des populations!
Cet homme a compris que les mots justes, les rêves et le véritable espoir pouvaient être des armes puissantes pour porter un changement.


Cet homme sera peut-être celui qui manquait en ce moment au monde. Un homme avec une réelle volonté de changer un système. Un homme capable de véritables nouveautés.
Je ne le sacralise pas pour autant. Nombreux seront les européens déçus de certains de ses mesures. Il est en effet pour le port d'armes individuelles, pour la peine de mort. Le bourbier irakien ne va pas non plus se finir du jour au lendemain. De nombreux hommes seront encore tués, sacrifiés sur l'autel de l'unilatéralisme. Et il faut quand même rappeler que l'homme déclencheur de cette guerre a été lui aussi porté par la majorité des américains pour la deuxième fois au pouvoir... Ils ne sont pas tout blancs ces gentils américains...


De plus, cela peut sonner le retour sur la scène internationale des États-Unis. Retour de la consommation excessive de pétrole, dollar fort, puissance militaire jouant au gendarme mondial. Des traits américains pas forcément très agréables pour nous autres européens...
Cela dit, on peut espérer encore. Se dire que cet homme a peut-être vraiment pour volonté de changer profondément les États-Unis. Et peut-être arrivera-t-il même à le faire!


On peut désormais lire que le changement est là. Il est plus juste de dire que le changement est possible. Désormais, tout repose sur les épaules de quelques hommes haut-placés. Ces personnes ont la possibilité de faire changer l'ensemble de la géopolitique actuelle en relançant des négociations, en demandant des entretiens, en jetant des ponts diplomatiques.
Ces hommes peuvent rendre le monde plus heureux comme ils peuvent ne pas le changer du tout. Étrange comme sensation que de se dire que malgré l'élection du changement, rien ne dit qu'il pourra réellement accomplir cette fameuse transformation tant de fois promise... Étrange et triste...


Les propos s'accumulent, les réactions affluent. Sans cesse, des gens viennent crier leurs joies. Des images du monde entier arrivent. Le monde suivait Obama. Le monde entier. Moment historique de celui-là. Jamais des élections, même des élections du plus puissant pays au monde, n'ont autant passionnées le monde. Des gens pleurent de joie à Athènes, Paris, Tokyo, Rio. Des gens chantent, boivent, dansent et sont heureux dans les rues de Buenos Aire, d'Alger, de Séoul. L'ensemble de l'Afrique danse et chante, les États arabes sont heureux de pouvoir espérer une paix.
Le monde entier était pour Obama. Un homme a réussi à fédérer le monde entier derrière son rêve.
Le monde entier souhaite le changement.
Le monde entier souhaite désormais un monde nouveau, neuf. Les vieilles idées sont peut-être à jeter. Peut-être que des jeunes vont eux aussi apparaître ici et là pour porter eux aussi le changement. Peut-être sommes-nous devant ce qui pourrait devenir une véritable déferlante. Devant ce qui pourrait être la nouveauté dont nous manquons cruellement. L'espoir est là, bien vivant, et il vit en chacun de nous...


Encore de la joie, des réactions de bonheur. Le bonheur traverse le monde entier. Il en vibre. Les pulsations sont presque sensibles dans l'air. On pourrait presque entendre les musiques, les rires du monde entier en tendant l'oreille. Cet homme fait rêver. Il a prouvé qu'avec du travail, des rêves et de l'espoir, tout était possible. Il a rallumé la flamme éteinte que nous avons pourtant tous. Il a ravivé l'espoir et les rêves de chacun. En se faisant élire, il a peut-être donné la meilleure leçon à la génération qui arrive. C'est presque une boutade comme s'il disait « Regardé ce que j'ai pu faire... Désormais, dépassez moi! »


Des gens s'étonnent, se disent heureux « d'avoir pu voir ça de leur vivant ». Plus je lis de réactions, plus je me dis que nous sommes devant ce qui pourrait être un changement comme le monde en connaît rarement. J'ai lu quelque part qu'il s'agissait du « Onze septembre à l'envers ». Effectivement. Je pense que chacun se souviendra de ce qu'il avait fait le mardi 4 Novembre 2008 comme chacun se souvient de ce qu'il faisait le 11 Septembre 2001. Cette victoire deviendra celle du premier noir à la Maison Blanche. On peut même lire certains français se demander si nous sommes peut-être prêts nous aussi à avoir un arabe ou un noir à l'Elysée!
Nous sommes plus que prêt. C'est à nous de faire le changement à notre tour. C'est à notre tour de créer quelque chose d'assez fort pour renverser l'ordre établi.

Mais 1968 avait été une vague de changement international qui n'avait duré que quelques mois.
Faisons de cette élection le début d'une vague de changement qui durera plusieurs années.


L'espoir est là. Il est en chacun de nous. Et c'est à nous de modeler la cire de notre avenir avec la chaleur de cette flamme. Car comme dit le futur Président des États-Unis d'Amérique, « Yes, We Can »...

Mercredi 5 Novembre 2008, 7h33, Lyon, France

 

Ceci est un article qui a été écrit au fur et à mesure de des réactions postées et surtout lues sur différents forums, chat, journaux, blogs et tout autres moyens de communications.
Un article suivra afin de critiquer ces élections d'un point de vue plus subjectif.

Par Corbeau noir
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 11 2008 11:27

Mardi 4 novembre 2008, 22h38, Lyon, France

Rare sont les moments comme ceux là. Ils font partie de de ces virages, ces tournants dans le fleuve qu'est notre histoire. Je me permets un h minuscule car nous ne sommes pas grand chose, juste un coup de pot dans le grand hasard sidéral mais que nous nous permettons de penser que nous sommes les plus importants. Parfois, un peu de pudeur ne fait pas de mal.

Les élections américaines sont en train de se faire. Tout ou presque est joué. Il ne reste que quelques heures et le candidat qui sera le prochain président est sûrement déjà choisi.

Il n'est plus l'heure de soulever un quelconque débat pour savoir qui de Mac Cain ou d'Obama est mieux. De toute façon, je pense qu'à travers mes autres écrits, vous êtes capables de deviner lequel des deux est mon favoris...


Non, désormais, il est important de se dire une chose. Je souhaite de tout mon coeur qu'il s'agisse d'Obama. Mes positions sont simples. Non pas que je n'aime pas Mac Cain et son patriotisme débordant qui pourrait presque rappeler certains dirigeants aujourd'hui jugés pour crimes contre l'Humanité. Mais disons que si cet homme devait arriver au pouvoir, j'aurais peur.

Peur simplement de ce qu'il ferait par rapport à l'Iran, au monde musulman, avec l'Irak, avec l'arme nucléaire, avec la crise économique. Et c'est surtout le qu'il ne soit plus un fringuant jeune homme qui m'inquiète. Car sa colistière n'est pas une femme que je qualifierais de rassurante elle aussi...

Certes donc, j'espère sincèrement qu'Obama deviendra le prochain président des Etats-Unis au delà du fait qu'il est noir.

D'ailleurs, il n'est plus aujourd'hui question de couleur de peau mais bel et bien de politique. Cela est rassurant. Cela veut dire que nous sommes arrivé à dépasser nos a priori raciaux, excusez moi du terme mais c'est le plus approprié dans le contexte américain, pour ne nous intéresser qu'à ce qui aurait du être le centre des débats depuis le début de cette campagne.


Si jamais Obama venait à être élu, il aurait devant lui de lourdes responsabilités. Il s'est en effet engagé à faire le changement, à transformer les Etats-Unis. Il s'est engagé à soutenir les plus démunis en taxant les plus riches, à mettre en place une sécurité sociale universelle, à régler ce conflit irakien et les problèmes qui en découlent comme Guantanamo. Il s'est engagé à réduire les émissions de gaz de CO2, à favoriser les énergies renouvelables, à régler cette crise, à ouvrir un vraie débat avec les autres cultures et notamment avec le monde arabe. Il s'est engagé à ouvrir des discutions avec l'Iran pour que cesse cette escalade de violences qui risque d'aboutir sur ce qui pourrait être la première guerre nucléaire. Il s'est énormément engagé, faisant espérer et rêver plusieurs milliards de gens.


Sur notre petite planète bleue aujourd'hui, nul n'ignore le nom de Barack Obama.


Ses engagements lui permettront sûrement de devenir le président du pays le plus puissant sur notre petit caillou en orbite. Il a l'occasion de changer son pays mais aussi d'influencer le monde entier. La crise économique a en effet engendré une réelle crise sociale. Et il a l'occasion d'aider à ce que le monde devienne ne serait-ce qu'un tout petit peu meilleur.

Ses élections auront eut une réelle tournure tragique. D'un coté, le vieux combattant, se battant avec acharnement pour tenter de vaincre son jeune adversaire, beau, intelligent qui grâce à son charisme et à son éloquence a gagné les coeurs de la planète. Mais ce jeune héros a cependant perdu sa grand-mère hier soir. Cette dernière est morte juste un jour avant que l'on ne sache si son petit fils avait été élu. Cette femme l'avait élevé et elle le quitte un jour avant les élections comme pour lui dire que désormais, il est capable de voler seul, sans elle. Et cet homme a pleuré durant son meeting.

Simple coup de pub dirons les plus mauvaises langues. Pour ma part, ces larmes représentent l'Espoir. Et je me permet d'utiliser un grand E pour parler de ce sentiment. Ces larmes symbolisent peut-être ce qui me fait le plus espérer en cet homme. Ces larmes symbolisent ce que j'appellerais son humanité.

Rare sont en effet les hommes politiques capable d'exprimer leurs émotions en public. La pudeur est souvent de mise quand ce n'est pas une sombre hypocrisie qui apparaît. Le dernier exemple en date est celui de soeur Emmanuelle. Combien d'hommes politiques sont venus dire leur peine sans montrer une seule once d'émotion si ce n'est au moins de regret? Cette femme pourtant était comme Barack Obama. Elle avait foi en l'Homme. Elle croyait qu'en lui faisant confiance, elle pourrait l'aider à changer le monde. Ils pourraient ainsi tous évoluer ensemble. Rares sont les gens qui croient encore en l'être humain à ce point.


Dernière, j'ai put lire une interview d'Obama datant de 2006. Le journaliste lui a alors demandé s'il souhaitait se présenter comme candidat à la maison Blanche. Obama avait alors répondu équ'un tel engagement signifie que je donne ma vie aux américains. Mes doutes, mes interrogations, mes peurs, mes questionnements, tout cela disparaît alors. C'est un engagement très lourd. » S'engager pour l'Homme est lourd. Et au delà d'un possible idée saugrenue de martyr, c'est l'idée qu'on retire une joie de savoir le monde ne serait-ce qu'un peu amélioré par notre action.

Cet homme a déjà sacrifié une partie de son temps pour aider les plus démunis dans les quartiers de Chicago. Aujourd'hui, il a décidé de sacrifier sa vie pour le peuple américain. Ainsi, il n'a pas pu accompagner sa grand-mère jusqu'au bout afin de continuer à faire campagne...


Obama est un homme étonnant. Un de ces hommes rares qui sont capables par la seule force de leurs mots de fédérer un peuple, une nation voire le monde. Nelson Mandela, Marthin Luther King, De Gaulle, John Kennedy, Matmatah Gandhi, etc... Tant de noms illustres de gens capables de changer le monde, de le rendre meilleur simplement à l'aide de mot!

La violence était parfois nécessaire comme par exemple dans le cas de De Gaulle mais cette violence pouvait être justifié par la nécessité de rendre le monde meilleur en arrêtant ceux qui créaient ces horreurs. Einstein a ainsi dit que « le monde ne deviendra mauvais non pas parce que les personnes mauvaises auront agi en conséquence. Il ne le deviendra que parce que les autres les auront regardé faire. »

Il faut se mobiliser, il faut agir, il faut se bouger. Au nom de quoi? De la Liberté, de l'Egalité, de la Solidarité, de l'Amitié, de la Terre, de la Vie, de la Fraternité, de la Joie. Il y a encore tant d'autres raisons de se lever le matin et d'agir pour rendre notre monde meilleur. Seul, un homme est comme un arbre isolé dans un désert. Mais à plusieurs, ils forment un foret capable d'arrêter le plus grand des désert disent les Mauritaniens. Tout est question de bonne volonté. Je dirais même de volonté. Le « Yes we can » de Barack Obama n'est peut-être pas aussi irréel que certains le pensent. Une nouvelle génération arrive. Meilleure que l'ancienne? Je ne sais pas. Pire que la prochaine? Je ne le sais pas. Ce que je sais, c'est que cette génération a la possibilité de changer le monde et de le rendre meilleur.

Pour cela, il suffit de ne pas suivre l'erreur des aînés. Il suffit de paraître plus humain. Il suffit simplement de vivre ensemble. Et je dirais simplement que Yes, we can...

Car ce qui est impossible nous paraît peut-être absurde. Mais n'est-ce pas le but de l'impossible de devenir possible?


Il y a encore dans ce monde des Hommes qui croient au rayonnement de l'esprit d'un peuple et qui croient à la vie. C'est à eux que cet appel s'adresse.

Mardi 4 Novembre 2008, 23H32, Lyon, France

Par Corbeau noir
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 10 2008 18:50
 Il s'agit là d'une ébauche sur le continentalisme. Ce texte sera surement réécrit, retravaillé et des sources seront intégrées en bibliographie. J'attend vos critiques.

Aujourd'hui, avec la crise économique, on peut observer un phénomène intéressant qui semble être la prochaine forme du nationalisme.Il ne s'agit plus en effet d'une méfiance à l'égard du pays voisin voire de la région d'à coté mais bel et bien d'une peur d'un autre continent. En effet, face à la Crise, les continents se sont peu à peu rassemblés pour y faire face et chacun cherche aujourd'hui à faire porter le chapeau à quelqu'un et du fait de ce rassemblement, la recherche du bouc émissaire se porte essentiellement vers les autres continents. Cette recherche se traduit ensuite par la formation d'un sentiment de haine et ce sentiment se développe particulièrement dans les pays où me patriotisme est fort.

Je nommerais cette crainte des autres continents comme le « continentalisme ». Cela risque en effet de devenir l'une des prochaines menaces pour la stabilité géopolitiques de notre planète du fait des guerres que cela pourrait engendrer. Il suffit pour cela de se souvenir de la crise de 1929 qui avait amené Hitler au pouvoir. Chacun est aujourd'hui conscient de l'horreur que cela a provoqué.

Comment pourrions nous alors définir et montrer l'existence d'un tel sentiment?

Cette haine inter-continentale est aujourd'hui illustrée par un exemple marquant qu'est l'accentuation des tensions entre le bloc Nord-Américain et le bloc Asiatique.

Mais l'idée d'une guerre peut aussi être envisager dans certaines économies fragiles encore plus secouée par cette Crise.

Enfin, un conflit entre Russie et Europe est aussi une possibilité à envisager même si l'Europe est peut-être la réponse à ce nouveau sentiment national.


L'un des exemples les plus intéressants de ce « continentalisme »,s'illustre par la crainte progressive qui semble gagner les américains du nord contre l'ensemble des asiatiques et plus particulièrement la Chine. Cette crainte pour les asiatiques vient du fait que ces derniers produisent des produits manufacturés pour des prix de consommation relativement faibles. Or, du point de vue nord américain, cela a entrainé des délocalisations massives vers ces pays où le cout de la main d'œuvre était beaucoup moins important enlevant ainsi du travail aux « honnêtes gens » qu'ils étaient. Mais le raisonnement va encore bien plus loin car certains poussent même la réflexion jusqu'au fait qu'il s'agirait là d'une des origines profondes de la Crise. En effet, pour palier cette perte de gains, les américains ont commencé à produire des produits financiers de « haute voltige » tels les subprimes. Or, il est aujourd'hui clairement établi que c'est la formation de ce genre de produits financiers complexes jouant sur des failles du système de régulation qui ont provoqué la crise.

Du point de vue asiatiques, les américains restent pour une bonne partie la patrie responsables aujourd'hui de la crise alimentaire que traversent certains pays. De plus, la méfiance est parfois grande contre la nation de la Liberté qui serait en fait la « nation cherchant à piller le pays »... Dans ce bloc asiatique, il existe cependant quelques exceptions comme la Corée du Sud ou le Japon mais cela est surtout dût au niveau de vie qui y règne.

Il y a donc bien l'idée d'un rejet constant de la faute de la Crise financière sur l'autre mais ce continentalisme peut même se transformer à une méfiance entre Etats riches et Etats pauvres.

Les uns seraient taxés de pillards de l'économie mondiale et les autres de voleurs d'emplois.

L'idée de la mondialisation est alors lointaine et l'économie globalisée semble au contraire causer plus de préjudices que de bien. Pour l'instant, cette idée de « continentalisme » est encore bien lointaine et cela se traduit surtout dans une accentuation de la haine entre des continents déjà méfiants entre eux. Pourtant, il pourrait y avoir une propagation de ce sentiment dans des économies fragiles comme celle de la Russie.


Aujourd'hui, la Russie est revenue sur le devant de la scène internationale avec notamment son intervention armée en Géorgie. L'exportation de ses matières premières et notamment du pétrole et du gaz en direction de l'Europe a permit à son économie de repartir d'un pied certes fragile mais de repartir tout de même. Cependant, à cause de cette crise, les indices se sont tous effondrés et cela a même entrainé la fermeture des deux bourses de Moscou durant quelques jours afin de laisser le temps à l'Etat d'annoncer un plan de sauvetage de leur économie. Cependant, en plus de souffrir d'une réelle crise interne de confiance inter-bancaire, l'économie est encore plus malmenée par le fait que les investisseurs s'interrogent sur de possibles nationalisation massive des secteurs phares de l'économie Russe comme la sidérurgie. Enfin, comme l'ensemble des économies et à cause de leur interdépendance, l'économie réelle russe a été touchée du fait d'une baisse de la consommation.

Mais là où une réelle crainte peut survenir, c'est dans le fait que la Russie a un gouvernement qui a certes comme président Dimitri Medvedev mais Poutine y est président. Or, il existe là bas, des « jeunesses pour Poutine » qui le soutiennent à l'aide de manifestations dans les universités, dans la rue et d'interventions médiatisées. Ces jeunes sont aujourd'hui ceux qui risquent d'être le plus touchés par la Crise car elle menace leur avenir direct en leur supprimant des emplois ou en les forçant à partir de leur pays.

La naissance d'un patriotisme voire de ce sentiment de « continentalisme » semble donc très proche pour peu que Poutine utilise cette jeunesse afin de créer un potentielle tyrannie et ainsi user d'une réponse militaire face à la Crise. Mais une question qui se pose est alors de savoir si l'Europe est réellement visée.


En effet, l'Europe est aujourd'hui le principal importateur des matières premières russes et l'attaquer reviendrait à potentiellement à couper le robinet qui alimente une bonne majorité de l'économie russe. De plus, durant le conflit avec la Géorgie, c'est bien la France qui a fait le premier pas, suivis de près par l'Europe, pour un départ des forces russes en place. Il y a donc bien des liens diplomatiques moins tendus qu'avec les Etats-unis et l'Europe a ainsi parfois joué le rôle de médiatrice entre ces deux pays.

Du fait de la diversité de l'Europe et de la petitesse des Etats, on pourrait penser que le nationalisme aurait put renaître et ainsi risquer de créer des tensions entre les Etats membres. Bien au contraire, l'Europe a réagit, avec une certaine retenue certes, et a donc décidé d'un plan commun à mettre en place face à la crise. Ce plan traduit d'ailleurs bien l'idée d'une collaboration plutôt que d'une division avec la mise en place d'une cellule spéciale qui aura pour but de centraliser les mesures adoptées par les différentes membres afin de permettre ensuite l'application d'une politique commune au sein de l'Europe. Il y a donc une réelle envie de faire un front commun face à cette crise économique et c'est peut-être cela la solution face au « continentalisme ».

Mais ce sentiment de faire front commun a été renforcé par les liens culturels, économiques, industriels ou encore politiques mis en place au sein de cette communauté. L'espace Schengen a surement joué un rôle important dans ce sentiment d'union en permettant notamment de voir que la crise avait touché l'ensemble des pays européens. Les européens ont aussi acquis avec le temps l'idée que l'Europe était un communautarisme aujourd'hui indispensable pour faire face à la concurrence et notamment pour faire face aux crises aussi bien économiques comme celle là qu'aux crises politiques.

Ainsi, pour l'heure, aucune réunions économiques mondiales si ce n'est une réunion d'urgence du G7 et une réunion du G20, n'ont été organisée. Les États se contentent de mettre en place des plan de sauvetages de leur économie respective en débloquant des fonds énormes et en nationalisant en masse. L'idée donc d'un rassemblement commun tel l'Europe et peut-être la mise en place de liens plus étroits qu'ils soient économiques, militaires ou culturels entre les différents continents pourrait amener à la disparition de ce sentiment de crainte entre continents.

Mais si jamais une telle chose se mettait en place, verrions nous alors l'apparition d'une haine inter-communautaire?


L'Europe, avec les liens étroits qui ont été tissés entre les Etats membres, semble dessiner la solution à ce « continentalisme ». En effet, la création de grande communauté continentale pourrait permettre l'établissement des mêmes liens qu'au sein de l'Europe et ainsi permettre une plus grande compréhension entre les peuples.

Il est cependant intéressant de noter qu'un début de « continentalisme » entre pays riches avait commencé à apparaître lors de la déclaration de guerre des Etats-Unis à l'Irak et du positionnement des différents pays européens. Peu à peu, un sentiment anti-américains s'est emparé de quelques pays européens. Mais aujourd'hui, ce sentiment semble être atténue par la fascination qu'ont les européens pour les élections américaines. Mais qui garanti que ce « continentalisme » entre États riches ne resurgira pas? Cela se décidera-t-il suivant le président élu? Une guerre est-elle à craindre?

Par Corbeau noir
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 09 2008 19:02
Le temps passe encore et encore et je vois que j’ai pas foutu grand-chose depuis un petit moment! Certains me diront que certains pourtant les vacances, que j’avais le temps de taper des trucs, de finir ce que j’avais commencé et pleins de belles paroles qui me feront chier et ben à ceux là, je leur dit merde. Et qu’ils se débrouillent avec.
Pendant les vacances, je fais autre chose que ce que je fais habituellement de mon temps libre! Sinon, c’est plus des vacances non mais! Mais faut pas non plus croire que je me mets en stand-by mentale comme le fond les plus crétins. Non, je continue de réfléchir sauf que je l’écris pas et que dans 75% des cas, je l’oublie et je trouve ça dommage. Et je revois ceux du premier paragraphe arriver tout triomphant pour me dire que si je l’avais écrit tout de suite je l’aurais pas oublié.
Bravo.
Mais je m’en fous. Ca vaut le coup des fois de ne pas dire ce à quoi l’on pense. Et puis comme dit le proverbe, tout les vérités ne sont pas bonnes à dire. Alors je les dit pas. Na.
Mais comme certains esprits fort intelligents (ou pas) l’auront remarqué plus haut, j’ai parlé de 75% d’oublis. Et donc pour peu que vous sachiez faire des additions et compter jusqu’à 100, vous avez compris que je n’oublie pas 25% des choses auxquelles je pense durant cette période. Merveilleux hein?
Alors vous allez avoir la chance (ou pas) de lire mes quelques réflexions sur les évènements internationaux, l’économie, des cas sociaux intéressant, peut-être même avoir une radio et si j’ai vraiment le temps et l’envie (ou pas), j’essayerai de vous écrire une nouvelle sur plusieurs semaines avec des sorties hebdomadaires.
Petits veinards quand même. Moi je serais près à payer l’auteur pour autant de gratitude si j’étais un de ses lecteurs! Moi je dis ça, je dis rien hein!
Et maintenant, je vois que certains commencent sérieusement à se faire chier dans le fond. C’est normal, ils sont pas en train de lire ce à quoi ils s’attendaient, c’est-à-dire mes conneries. Mais patientez encore quelques lignes, ça va venir!

Alors je commence… Tout le monde pour peu qu’il ait deux neurones connectées, un semblant de mémoire et d’intelligence et un soupçon de bonne volonté se souvient de cette boisson fabuleuse qu’était le danao. Une mixture à base de jus de fruit et de lait. Une grande première dans l’industrie de la bouffe étrange et bizarroïdes! Et le mieux dans cette génial invention, c’tait que c’était buvable par tout le monde, même ceux qui n’aiment pas trop les jus de fruits d’habitude. Et pour féliciter les gentils scientifiques qui avaient réussit cet exploit (et pour se faire pleins de frics sur un produit original), on a eut droit à un gentil martelage médiatique avec plus de 50 pubs par jour sur ce produit exceptionnel pendant facilement un an si ce n‘est deux. Et puis après, on avait même eut droit à une jolie petite chanson ridicule qu’on arrive pas à s’enlever de la tête malgré tout nos efforts. Une grande époque moi je vous dis!
Danone avait même importés la recette aux States tellement ça avait fait grimper leur chiffre d’affaire! Faut dire que ça représentait 24% du bénéfice de la branche boisson alors vous pensez bien…
Et puis comme toutes les bonnes choses, c’est passé. Après plusieurs sondages fait dans la rues par des emmer**urs qui s’amusent à vous harceler pour vous demander si vous aimez les jeans bleus ou bleus un peu plus clair (mais je respecte leur travail quand même!), Danone a pu découvrir que ça saoulait les gens de voir plusieurs fois dans la même soirée télévision débile la même séquence publicitaire avec cette chanson horrible.
Et la d’un seul coup, on en a plus entendu parler. Plus de promotions bidons dans les magasins non plus. Plus de fronting dans les rayons. Plus rien. A croire que cette boisson extraordinaire et surprenante avait disparu…

Bien sûr la boisson était toujours en rayon soit en rayon laiterie soit à coté des jus de fruits. Mais vus que ça faisait chier les gens, plus droit à une grosse promotion. Tout le monde pensait que ça marcherait en « surfant sur la vague » de promotion. Et bien non. Les ventes ont chuté. Pas brutalement non plus mais disons que ça se vendait de moins en moins bien.
Et là, les grands analystes de chez Danone en sont venus à une conclusion très étonnante et novatrice.

La publicité faisait se vendre même des trucs super pourris.

Oui, je sais ça fait un choc. Mais on s’est d’un seul coup dit là bas qu’on pourrait redonner un coup de jeune à certains produits avec de la promotion pas toujours justifiée. L’exemple le plus criant? Bio qui est devenu Activia. Aucun rapport avec des soit disant problème par rapport au label biologique. Non, simple coup marketing pur rappeler que le produit existe.
Et là bien sûr, vous vous demandez tous (ou du moins je l’espère) pourquoi je parle d’un truc commercial comme ça? Non, je ne suis pas rentré dans une grande compagnie en tant que conseiller publicitaire. Non, je n’ai pas non plus créer mon entreprise. Et non, je n’ai pas pour prétention d’analyser les politiques publicitaires des grands groupes (quoique,…)!
Non, simple parabole pour parler de ce qu’on oublie ou que l’on ne voit pas. Certes, sans cesse nous avons droit à une information rapide, continue et efficace. Mais qui peut aujourd’hui dire qu’il sait tout ce qu’il s’est passé d’important? D’ailleurs, on peut même se demander ce qui est important mais passons. Ceux qui nous informe font des choix. Parfois bons, parfois mauvais. Souvent influencés par des dispositions économiques voire politiques. Il est bien normal que ces personnes fassent des choix. Ils ne peuvent pas tout dire. Cependant, Certaines informations sont parfois montées en épingles. Pour faire du chiffre. C’est une tactique vieille comme le monde mais oh combien plus repoussante aujourd’hui alors que l’information est censée être libre et universelle. Un exemple peut-être?
Le cas des gamins laissés dans les voitures par leurs parents. Nombre d’entre vous ont surement eux l’impression que ce genre de cas dramatiques avaient nettement augmenté. En réalité, le taux de mortalité infantile du à ce genre « d’oublis » est tout à fait « normal ». Il n’a ni augmenté ni baissé. Simplement, les actualités des autres années étaient surement plus intéressantes et donc ils ont choisi de passer sous silence ce genre d’informations. A peine un filet dans les grands journaux voire rien dans certains régionaux.

On en arrive à une première conclusion. Soyez critiques sur ce que vous lisez. Pas que je vous prends pour des crétins notoires sinon je doute énormément que vous soyez réellement en train de lire ces lignes depuis le débuts, mais je m’inquiète de voir que de plus en plus de gens aujourd’hui ne se « nourrissent » plus que de ce que la télé ou les grands quotidiens leur servent. Allez chercher plus loin. Renseignez vous à l’AFP. Lisez plusieurs journaux. Comparez et surtout, critiquez.

Ensuite, juste pour rappeler que justement ce filtrage d’information ce fait aussi bien dans les journaux au détriment de choses que nous appelons aujourd’hui communes aussi bien nous pouvons le retrouver dans notre vie de tout les jours. On oublie parfois même nos proches… Pensez juste à eux de temps en temps. Passez un coup de fil. Ils seront contents j’en suis sur. Et puis vous aussi. Sinon, promis, je vous rembourse le temps passé à lire ces lignes!

Voila pour le moment émouvant bidon que j’adore dans mes articles pourris. Sincèrement des fois, je me demande quand même pourquoi vous lisez tout ce que j’écris. Parce que c’est bourré de conneries et que ça doit surement être plus chiant que « Plus belle la vie »!
Alors amusez vous bien et vivez une vie intéressante sans regrets!
Par Corbeau noir
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Mardi 10 juin 2008 2 10 06 2008 15:39
La vie réserve des surprises, des malheurs, des joies, des peines... Elle est toute pleine d'évènements qui nous suprendront surement et nous pertuberont peut-être. Personne ne sait lorsqu'il nait où il ira, ce qu'il sera, comment il finira et surtout, s'il vivra heureux.

Moi, ce qui m'a dernièrement surpris, c'est de remarquer combien nous sommes prisonnier de nos propores créations. Loin de moi l'idée de critiquer la télé, notre confort, le chaffage au pétrôle, internet ou encore la couronne de la Reine Mère...
Non, bien pire que ça et tellement plus ancien... Je veux parler des tabous.

Depuis que l'Homme a décidé de se rassembler, il a commencé à façonner une société avec des régles bien précises, des droits et des devoirs, des institutions, de quoi se nourrir, se protéger et aussi, de quoi bien se comporter avec les autres. Il a crée la bienséance, la politesse.
Je ne veux pas non plus dire qu'il s'agit là de mauvaise chose. Mais en créant cela, nous avons crée ceci. Nous nous sommes donné une interdiction. Puis une autre... Puis une autre... Puis encore une...

Et c'est ainsi que nous sommes devenus esclave. Certes, il est bon d'adapter son langage suivant la personne, les sujets desquels nous parlons...
Mais même lorsque nous évoquons des sujets naturels, on peut voir des yeux se détourner, des regards errer sur le plafond ou encore entendre quelques toussotements génés.

Ainsi, aujourd'hui, de peur de choquer des gens ou de leur rappeler des mauvais souvenirs, évoquer la mort est devenu quelque chose de génant, qui met mal à l'aise. Essayer de dire à quelque que de toute manière, on a pas de soucis à se faire, on finira tous six pids sous terre, et vous verrez son regard surpris et géné devant cette évocation pourtant mille fois démontrée et évidente.

Mais cela s'applique à tellement de choses...
On ne doit pas pleurer devant des gens.
On ne doit pas rire devant quelqu'un en deuil.
On ne doit pas exprimer ses problèmes.
On ne doit pas parler d'argent.
On ne doit pas dire clairement ses sentiments.
On ne doit pas être impulsif.
On ne doit pas et on ne doit pas et on ne doit pas...

Cela se perdure depuis longtemps et continue encore... Et à chaque générations, quelque chose se rajoute ou change pour s'adapter.
Et c'est ainsi que nous nous enfermons un peu plus à chaque fois, créant nos chaines. Ces chaines qui nous empêchent peut-être de vivre pleinement nos vies et nous forcent à garder en nous nos émotions et nos soucis.

Les Mongols ou les Inuits ne connaissent pas les nombreux problèmes d'ordre psychologiques que nous subissons de plein fouet. Eux ne se posent pas ces nombreuses interdictions. Eux vivent simplement heureux, ils expriment leurs sentiments librement, essaient de trouver un problème ensemble à leurs problèmes...
C'est d'ailleurs une récente étude scientifique qui a démontré que l'on vivait plus vieux si dans le couple, les disputes étaient plus fréquentes car elles permettaient de ne pas garder sur le coeur tout nos soucis.

Paradoxe que voila... Au lieu de pouvoir nous entendre tous ensemble calmement, nous en sommes reclus à nous disputer pour vivre plus longtemps!
Et bien sur, il est mal vus de se disputer devant des gens...

Tout cela pour dire que, par ces tabous, nous nous sommes petit à petit fermé la porte de notre enclos. Nous vivons chacun dans notre petit champs ou dans notre petite mare.
Mais comme nous nous interdissons de plus en plus de choses, quand allons nous nous interdire de vivre?
Par Corbeau noir
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 05 2008 23:29
Y a des choses que j'aime sur cette Terre mal foutue. Quand même. J'ai envie d'en parler même si je m'étais juré de ne pas parler de moi. Mais là, j'ai envie.
Ce dont je veux parler aujourd'hui, c'est les bus de nuit. Ces bus que peu de gens prennent et qui passent toutes les heures. Au départ, on se retrouve quatre ou cinq dans le bus, assis loin des uns des autres, de peur que l'on se morde peut-être. Des regards intrigués, pas méchants comme dans la journée.
Parfois un sourire ou une conversation qui s'engage. Ce n'est plus le même monde.
Ici, il y a des gens "bizarres" ou "étranges" qu'on aurait évité du regard dans la journée. Dans ce bus de nuit, ils sont là et ils sont "normaux". C'est presque ceux qui sont bien habillés ou qui semblent génés d'être là qui ne sont plus "normaux".
Et puis parfois, des gens jettent des regards mauvais ou méfiants. Ceux là s'assoient dans le fond ou près des fenêtres. Ils attendent avec impatience leur arrêt pour sortir de ce lieu qui les effraie, pour quitter ceux qui ne sont pas comme eux, pour partir de ce monde de la nuit, de ce cauchemard.
Oui, les bus de nuit sont comme le monde de la nuit. On y croise des gens étranges qu'on ne voit pas toujours à la lumière du jour. Des gens qu'on préfère laisser dans l'ombre des grands immeubles.
Mais quand le soleil se couche et qu'il n'y a plus que l'ombre, ceux qui y sont habitués s'en emparent et deviennent alors les "normaux". Et tout change.
Ce que j'aime dans ces endroits, c'est le silence entendu qui règne. Non pas un silence géné ou méfiant. Mais un silence entendu entre personne fatiguée qui savent que la nuit est faite pour être silencieuse. On ne parle pas, on se regarde de temps en temps avec parfois un sourire. Si jamais on parle, il faut que cela soit utile. On demande une cigarette, du feu, l'heure. Rien de futile comme en journée.
On admire le paysage noir avec ses quelques lampadaires qui projettent leur lumière orangée et qui donnent l'impression que tout est mort. Parfois, dans les endroits sans trop de lumière, on peut entre-apercevoir la Lune et les étoiles qui jouent à cache-cache derrière les immeubles. Et des fois, on regarde les gens rentrer chez eux ou dans leur voiture. Eux ne regardent pas les bus de nuit.
Personne ne les regarde. C'est un monde à part. Différent.
Ces bus sont des endroits où règnent le silence, le calme, la paix et surtout, la nuit. Pas de musique criarde de portable, pas de bambins qui hurlent, personne qui ne répond au portable, pas de conversations bruyantes.
La nuit est là. Et le bus se la trimballe avec sa marmaille.
Alors si un jour vous avez la chance de prendre un bus de nuit, observez ceux qui le prennent. Regardezleur dégaine, leur attitude. Suivez leur regard lorsqu'ils jettent un coup d'oeil dehors. Vous comprendrez alors ce que je veux dire.
Et vous pourrez profiter du calme de la nuit.
Par Corbeau noir
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Mercredi 30 avril 2008 3 30 04 2008 19:21
Voici donc un superbe texte parlant de notre besoin de consolation. Un texte pleins d'espoi qui a été mis en musique par les Têtes Raides dans leur dernier album "Banco" que je vous conseille fortement!
Un texte de Stieg Dagerman' suédois pour information, écrit en 1952! Je vous laisse apprécier...



Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.

Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.

Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !

Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul – mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !

Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !

Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.

Les autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?

Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire.

Par contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.
Par Corbeau noir
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