Petites histoires

Lundi 6 octobre 2008 1 06 10 2008 22:27

Le bateau tanguait doucement. Le vent était bon et faisait filer rapidement l’Estafilette. A ce rythme, il serait arrivé à Cuba dans cinq ou six jours tout au plus s’il ne rencontrait pas une dépression ou une quelconque tempête. Il ne se faisait pas de soucis et profitait plutôt du court moment de répits que le temps lui proposait. Cela faisait déjà presque un mois qu’il était parti de France. Le port de la Rochelle, quelques pleurs, de l’inquiétude de ses proches, des adieux lointains avec comme arrière goût l’air salé de la mer. Et puis au bout de quelques minutes, plus rien dans son esprit si ce n’est son bateau contre la mer. Les embruns, les vague qui se fracassaient avec une violence naturelle contre la coque et surtout, la solitude. Enfin, il pouvait parler tout seul, hurler contre les vagues, jouir de cette énergie qu’il gardait profondément en lui et qui ne demandait qu’à jaillir! Ici, il était le seul maître. pas de réelles responsabilités si ce n’est de se maintenir en vie. Les quelques oiseaux qu’il avait vus à son départ ne jugeaient pas son apparence d’ours avec sa barbe mal taillée et ses habits froissés.

Il se souvenait alors de ce sentiment de puissance qu’il avait éprouvé. Grisant mais légèrement apeurant. Seul maître à bord mais aussi seul mort en cas de naufrage et donc personne pour prévenir de potentiels secours… L’eau était froide et c’était souvent la nuit que ce genre d’incidents arrivait. Dans ces moments-là, il fallait espérer ne pas se faire assommer par quoi que ce soit pour ne pas se voir sombrer et ainsi disparaître.

L'océan était cruel et il avait eut l’occasion de jouer avec lui. Une semaine et demie après son départ lors d’une tempête de force moyenne. Les cordes craquaient sous la pression du vent. Il avait été surpris et n’avait rien pas eut le temps de descendre les voiles. Les bourrasques s’étaient levées d’un seul coup et la mer avait commencée a faire d’énormes rouleaux. Son sang-froid l’avait alors quitté et il était resté prostré sur le pont pendant trois bonnes minutes, haletant, à regarder le temps se déchaîner sur l’embarcation en se demandant quoi faire. Étrangement, c’était le souvenir des regards plein d’intensités de ses deux enfants qui l’avait fait sortir de cette torpeur pour qu’il commence à s’agiter. Baisser les voiles n’avait pas été une partie de plaisir tellement il y avait d’eau qui l’éclaboussait et l’empêchait de voir ce qu’il faisait. Mais quelle joie de se sentir vivant lorsqu’il s’était réveillé en milieu de journée et avait put faire un tour du navire pour constater qu’il n’avait presque subi aucun dégâts si ce n’est une déchirure sur le phoque.

Sa route avait alors continué, simplement tout droit pour se diriger cers cette petite île. En chemin il avait eut l’occasion de voir des choses extraordinaires. Certaines restaient particulièrement accrochées à son cœur…

C’était il y a a peut près deux semaines, quelques jours après la tempête. Cela avait été une journée très tranquille. Peu de vagues, le vent s’était calmé et le bateau avançait tranquillement en suivant son chemin. Il avait eut l’occasion d’appeler sa famille pour prendre des nouvelles et entendre autant de joie au téléphone lorsqu’il avait raconté qu’il avait survécu à cette tempête lui avait fait jaillir les larmes des yeux. Mais le moment le plus intense était venus le soir lorsque le soleil se couchait. L'océan était plat et il était sorti sur le pont pour admirer le coucher de soleil tout en mangeant une de ses portions de nourriture lyophilisée. Et là, sans qu’il sache pourquoi, il avait été submergé devant la simplicité du paysage. Le soleil rond et rougeoyant qui lentement s’enfonçait dans l'océan sombre. Et cet horizon qui l’entourait de toute part et lui rappelait qu’il était seul. Lentement, les étoiles avaient commencées à s’éclairer et le ciel s’était alors illuminé comme s’il regardait une immense ville céleste. La longue trace blanche de la Voie Lactée, la grande Ourse, la petite Ourse, Cassiopée, Cassandre… Il avait appris toute ces constellations avant de partir dans le cas où l’un de ses instruments de navigation le lâcherait mais là, il n’avait à les regarder que pour le plaisir. Le balancement des vagues et ces lumières lointaines lui rappelèrent combien il était petit dans cet univers et combien l’épreuve qu’il s’était imposée pouvait sembler futile. La Lune s’était doucement montrée et avait éclairée son visage et les quelques larmes qui coulaient de ses yeux. Juste un homme devant l’immensité et la grâce de la Nature… Comment pouvaient-ils oser la polluer? Alors qu’on ne comprenait presque rien d’elle…

Cela avait été un moment de solitude magique. Il s’était souvent dit qu’il ne pourrait le raconter à personne et que cela resterait au fond de son cœur comme une expérience qu’il pourrait revivre sans cesse tout le reste de sa vie pour se rappeler qu’il était simple. Un homme qui disparaîtrait comme tout les autres.

D’autres moments de joie l’avaient aussi rencontrés comme par exemple la visite d’un banc de dauphins il y a deux jours. Cinq dauphins l’avaient accompagnés sur plusieurs miles et avait sauté pour exprimer leur joie. Il se souvenait qu’il ne les avait pas vu immédiatement car il était en train de travailler sur la carte et c’est lorsque son hublot avait été éclaboussé qu’il était allé jeter un œil dehors. La vision de ces animaux tournant autour de son bateau et jouant entre eux comme pour lui montrer combien ils étaient heureux le faire rire aux éclats. Il les encourageait et les applaudissait tout seul sans se soucier même de quoi il aurait l’air si jamais il avait fait cela sur la terre ferme. Il regretta de ne pouvoir s’amarrer pour pouvoir aller nager avec eux et prendre quelques photos sous marines de ses nouveaux amis. Il prit quelques photos d’eux et les encouragea encore une bonne heure avant qu’ils ne le quittent en sautant pour lui dire au revoir.

Mais désormais, il devait faire cap sur son ancienne vie. Celle d’un homme de bureau qui chaque matins devrait se rendre dans un building à Londres ou à Paris pour discuter de productivités, de recherches de nouveaux fonds de spéculations, de crise financière, Des choses qui lui semblaient bien futiles et peu intéressées par ce qui l'entourait. Au fond de lui, il savait que la vie qu'il menait ne le satisfaisait pas entièrement et parfois, comme un autre coeur qui battait en diapason avec le sien se réveillait son envie d'agir pour cette planète meurtrie par les actions de ses semblables. Même lui avait du créer des blessures profondes en créant des fonds de spéculations sur des projets douteux tels que le traitement des déchets ou la récupération de produits toxiques. Il avait donné les fonds, récupéré son profit et n'avait rien demandé de plus. L'argent seul était important...

Des regrets. Il en avait et en aurait sûrement encore beaucoup. Mais aujourd'hui, seule son avancée sur sa route, cette route maritime qu'il avait fait tout seul, sans aide ni personne, comptait. Il avait crée un chemin et il espérait pouvoir un jour le refaire avec ses enfants si ce n'est même ses petits enfants. Pour leur faire partager son bonheur d'être sur l'eau. Peut-être pour leur faire comprendre qu'il avait commis des erreurs dans sa vie et qu'ils ne devaient pas trop se soucier de l'argent à l'avenir...

Devant lui sa route, derrière lui ses regrets. Le passé est un acte déjà connus et l'avenir n'est qu'une brume qui se forme et se déforme. Seul la pièce du moment comptait et il fallait en profiter. Le soleil était haut et tapait fort sur ses cheveux sombres. Quelques gouttes de sueurs perlait sur son large front et le petit vent qui courait venait le rafraîchir. Oui, il se concentrerait sur maintenant. Tant qu'il était encore en mer et qu'il pourrait naviguer à sa guise. Tant qu'autour de lui les flots viendraient se fracasser sur la coque de l'Estafilette. Tant qu'il pourrait hurler, pleurer, rire et surtout sourire seul, sans s'inquiéter du regard des autres. Tant qu'il pouvait être lui-même sans aucune entraves. Le vent qui soufflait dans son dos semblait l'inciter à prendre son envol avec lui. A courir sur tout le pont, en hurlant et en riant, pour enfin sauter au bout et ainsi partir faire le tour du monde avec lui!

Au bout de cinq jours, il vit enfin un bout de terre au loin. Une sorte de tristesse coula doucement dans son âme et l'incita à ralentir sa vitesse. Il ne ferait pas le voyage retour. Un groupe de marins spécialisés dans ce genre de service ramènerait l'Estafilette à la Rochelle. C'était vraiment la fin du périple. Quelques goélands vinrent voler à coté de lui. Ils réclamaient de la nourriture bien évidemment mais il ne pu s'empêcher de sentir comme une sorte d'envie de le narguer, de lui rappeler que la terre était toute proche. Un long soupir, une larme en mémoire aux si beaux moments passés ici.

Puis lentement, un sourire. Les commissures des lèvres qui se soulèvent lentement. Souvenirs de sa femme, de ses deux enfants, de ses amis. Oui, il aurait des choses à raconter et il savait d'avance que son bonheur serait partagé. C'était un consolation.

Le soir, lorsque le soleil était en train d'embraser la mer, il arrivait à bon port. Son entrée fut salué par quelques applaudissements, des vivas, des tirs de fusées de détresses, de longs coups de klaxons, des cris, de la musique, des danses... De retour parmi les siens. Son coeur se trouvait là, lorsqu'il regardait ces trois personnes si heureuses de le revoir.

Mais désormais, son âme se trouvait sur les océans, au creux des vagues et du vent. Celui qui filait tout autour de la Terre. Sans se soucier des obstacles. Rien que la Liberté. Juste le vent...

Par Corbeau noir
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 09 2008 19:03
Nous, les Hommes, nous sommes arrivés sur cette Terre par hasard. Simple conjoncture d’évènements géologiques, spatiaux et biologiques nous ont permis d’être aujourd’hui présent.
Cette combinaison est d’ailleurs tellement exceptionnel que de nombreux scientifiques pensent que nous sommes peut-être les seuls dans cet Univers. Seuls dans l’Infini… Et aujourd’hui, nous sommes prostrés sur notre petite planète Terre. Nous essayons de voir ce qui se trouve à coté bien sûr. D’aller chercher plus loin encore. Mais ce n’est pas tout de suite que nous y arriverons…

Mais que faisons -nous sur cette Terre?

Nous nous battons, nous tuons, nous détruisons, nous sommes nos propres annihilateurs. Mais pas toujours. Parfois, nous voulons la paix. Nous voulons apprendre, chercher, connaitre et créer. Moments rares que ceux là. Nous n’avons pas évolué car nos combats sont toujours aussi présents. Seule leur forme a évolué. Plus rapide, plus sanglant, plus puissant, plus meurtrier…

Et pourtant, combien sont ceux qui ont voulu la paix?

Chacun vis dans le carcan de sa petite existence. Ne se souciant pas des autres, des amis, des voisins, de la famille. Nous ne nous inquiétons pour les autres que pour nous rassurer sur nos propres malheurs. Vision détestable d’une humanité se disant plus communicative, plus intéressée aux autres. Et pourtant, au fond du cœur de nombre de gens, l’étincelle existe. Celle qui pourrait embraser le feu d’une vraie solidarité…

Mais pourquoi ne le faisons nous pas?

Ensemble, nous pourrions. En ne faisant qu’un tout en étant un million. En étant plus qu’une véritable déflagration de bonne volonté. Mais l’espoir d’une telle perspective s’amenuise avec le temps et lorsque l’âge augmente, la force de l’étincelle diminue. Les excuses sont nombreuses : fatigues, maladies, désillusions… Et certains cherchent à profiter de cette force pour s’approprier une part de pouvoir. Chauffant ainsi leur propre demeure avec ce feu détourné et affaibli…

Mais qui donc pourrais vraiment créer cette vague?

La force réside en chacun. L’espoir est présent au fond de tous. Notre point fort est notre jeunesse. Notre point faible , notre inexpérience. Gouttelettes d’eau pure rassemblées en une immense vague salvatrice et décapante. Rien ne résisterait à ce raz de marée. Les digues de préjugés, de lois, de refus seraient emportées sans ménagement. Les gens suivraient alors et une nouvelle mer s’ouvrirait alors pour laisser le passage à de nouveaux bateaux…

De nouveaux horizons pour refaire les mêmes erreurs?

Peut-être ne serions nous pas différents. Peut-être que nos erreurs seront identiques. Peut-être même que la voie maritime ouverte aux idées n’en seraient que plus dangereuse et mauvaise. Mais du passé, nous aurons tiré les leçons. Des guerres mondiales, des horreurs politiques, des crises économiques sans aucun sens, des famines mondiales crées au nom de l’argent… De tout ce passé, nous serions les dépositaires et les enfants. Lourd boulet qui nous entrainerait vers des fonds obscurs. Sauf que nous saurons nager…

Alors? Pourquoi?

Un signal… Un véritable vecteur du changement… La gouttelette qui ferait déborder le vase des idées, celle qui creuserait le sillon du fleuve immense, qui irait chercher les terrains favorables aux mers… Le morceau de bois sec qui brûlerait facilement et rapidement, capable de guider à travers l’obscurité et de rassembler les cœurs de tous… C’est ce qui fait patienter la vague. Elle attend, gonflant patiemment à mesure que le temps passe. Certains tremblent déjà et essaient de se réfugier sur de hautes montagnes. Pèlerinages futiles… Elle est là cette flamme, cette vague. Elle attend. Comme tous.

Alors qui?

L’avenir est incertain. Et nous sommes seuls dans l’Infini… Seuls avec des rêves, des envies, la possibilité de créer. Il est peut-être temps. Pour que notre passé ne sombre pas dans l’Infini en nous entrainant. Pour que nous ne disparaissions pas à cause de nos erreurs. Pour que nous changions.

Seuls dans l’Infini, nous attendons la vague qui pourra nous sauver de nos erreurs…
Par Corbeau noir
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Mardi 17 juin 2008 2 17 06 2008 18:57
C'est l'histoire d'une petite goutte. Une goutte parmi tant d'autres. Un goutte comme les autres. Ronde, plein d'eau et qui tombait, qui tombait, qui tombait, qui tombait... Puis qui allait s'écraser bien sûr.
Alors la petite goutte, elle était démoralisée, toute triste parce qu'elle savait que sa vie allait se finir bientôt! Elle pouvait déjà voir le sol se rapprocher à toute allure!

Cette goutte, je ne vous l'ai pas dit, mais elle s'appelait Espoir. Un nom tout simple que son papa le cumulus lui avait donnée lorsqu'elle était partie. Espoir, comme le rayon de soleil du soir qui lui avait dit. Mais Espoir, elle n'avait jamais vus le soleil, elle n'avait jamais vus autre chose que son papa et le sol qui se rapprochait très vite. Trop vite à son goût!

Et comme Espoir aait peur, elle parla de sa peur avec les autres gouttes qui tombaient avec elle. Enfin surtout avec trois autres gouttes qui s'appelaient Joie, Avenir et Amour. Elles parlaient toutes les trois de ce qui les attendaient en bas et de ce qui pouvait bien leur arriver après ça!

Mais pendant qu'elles parlaient, elles ne voyaient pas que le sol se rapprochaient de moi en moi vite. Elles parlaient, elles se racontaient ce qu'elles avaient vues, ce qu'elles avaient pensées, ce qu'elles avaient compris. Elles discutaient comme le font toutes les gouttes!

Elles étaient heureuses d'être là. Toutes les trois ensembles et elles s'étaient déjà fait la promesse de s'écraser au même endroit. Comm ça au moi, elles verraient toutes les trois ce qu'il y aurait après et elles seraient pas seules! Elles jetèrent un coup d'oeil en bas et virent le sol d'encore plus près et... Ca les fit rire.

Oui, toutes les trois, elles riaient et ne se souciaient plus du sol qui s'approchaient toujours plus vite. Elles étaient toutes les trois, elles avaient discuté et échangé leurs impressions, leurs vies et elles s'étaient dit qu'en fin de compte, autant vivre ce qui se passait maintenant.

Et enfin, le moment arriva où elles s'écrasèrent. Ce ne fut pas douloureux. C'était... Comme ça! Pas de mal juste une sensation de devenir tout et de disparaitre petit à petit... Elles se dirent au revoir en se promettant d'essayer de se retrouver plus tard pour peu qu'il y en ait un!

Elles disparurent petit à petit dans la masse, elles n'étaient plus des gouttes mais la flaque. Une grosse flaque qui contenait pleins de gouttes différentes. Et puis lorsque le soleil fut revenu, la flaque s'évapora doucement et elle monta pour retrouver un autre nuage. La flaque allait former de nouvelles gouttes...

Voila, une petite histoire qu'une jeune goutte m'a glissé à l'oreille alors que je marchais. Elle s'était prise dans mes cheveux et une fois qu'elle m'ait dit cette jolie histoire, elle a glissé et elle a retrouvé ses amies, en riant...

Un petit texte dédié à toutes les gouttelettes qui veulent bien espérer et vivre l'instant présent qui est déjà trop court...
Par Corbeau noir
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Lundi 7 avril 2008 1 07 04 2008 20:12
Ce matin je me suis réveillé avant le soleil. Fait rare quand on me connait. Surtout après une nuit comme celle-là... Drogues, alcools... Tout cela s'était mélé durant cette nuit de folie et je ne me souviens de rien dès le moment où j'ai fumé mon troisième joint. Juste des sensations de rires, de perdre pied, de revenir, de partir vers un monde obscur et flous pour reprendre pied encore une fois... Je ne me faisais pas d'illusions. Le retour avait dut être dramatique et c'est surement pour ça que je puais la pisse et la crasse. Possible que j'ai dormit quelques heures dans une poubelle avant de me lever pour rentrer chez moi.
La première chose qui me frappe quand je me regarde dans la glace, c'est mes yeux. Normalement, ils sont injectés de sang, ils font peur. Les gens se retournent parfois sur mon ma route pour me regarder passer en se disant surement que je suis un drogué. Ben ils ont pas tort. Je suis bien un drogué. Et pourtant, je voudrais bien ne pas en être un...
Lorsque je me suis regardé dans la glace, j'ai vu des yeux normaux. Ils n'étaient pas injectés de sangs, ils ne tiraient pas vers ce jaune qui m'allait si bien... Non, rien de tout ça. Des yeux normaux.
Bien sûr, j'ai pensé que c'était bizarre mais je m'en foutais. Ma tête me faisait trop mal. Je pouvais encore sentir dans ma bouche les goûts mélés de la marijuana et de l'alcool. Ma bouche était pateuse. Qu'elle aille se faire foutre, j'allais pas non plus utiliser ma brosse à dent. D'ailleurs, je ne sais même plus où elle est.
Après cette inspection de moi-même, je me suis approché de la fenêtre.pour regarder dehors. Personne dans les rues. Ma montre indiquait sept heure... Un record pour mon vieux corps tout pourris. Le soleil pointait derrière les autres immeubles. Les rideaux sont tous tirés sur des sommeils d'humains paisibles et bien tout comme il faut. Tsss...

Moi au moins, j'ai vu l'Enfer et violé le Paradis. Ma carcasse, je la traine de bars, en trottoir. De ruelles mal famées en appartements enfumés.
J'en avais vus des vertes et des pas mûrs et quand j'entends des gens me dire que l'on a supprimé le malheur des gens, ben ça me fait cracher mes bronches de rire. L'horreur, c'est juste qu'on veut pas la voir. Alors on la cache sous son tapis pour conserver son petit aspect bourgeois.
Une glaire alla s'écraser quelques dix mètres plus bas. Fallait pas se faire de vieux os aujourd'hui ou bien on allait moisir dans une maison pour vieux. On prenait la poussière le temps que les enfants viennent te culbuter un peu puis on attendait à nouveau. Ouais, être vieux, c'était attendre en fait. Mais attendre quoi? La mort?
Vas savoir, de toute façon, je veux pas devenir vieux. Non, je veux brûler comme ces batons là, qu'on met sur les gateaux d'anniversaires. C'est des machins, Ca fait pleins d'étincelles pendant peu de temps puis ça s'éteind.
Pas question d'attendre la mort ou quoi que ce soit., c'est moi qui viendrais la chercher dans son lit un jour de congés la garçe. Et je me dérangerais pas pour lui cracher dans l'orbite.

Un rire de squelette qui retentit dans le rue et puis plus rien.
A nouveau le calme du matin.
Je prends une bonne bouffée d'air frais. Au moins, j'aurais pas à voir les résultats des conneries qu'on fait. Je suis sûr que plus tard les mômes vivront avec des masques tout le temps tellement l'air y sera plus respirable. Y aura juste les riches qui iront habiter dans les montagnes parce que l'air est plus pur. Les autres iront clamser dans des villes grises à cause de la pollution et de toutes les conneries qu'on aura relaché partout.
Et après, les gens me disent que c'est mal de vivre comme je vis parce que "je me tue à petit feu"... 'Tain, les gens y sont marrants quand même. Dommage que l'hypocrisie ça soit pas payé, sinon, y aurait eut des heureux! Et puis de toute façon qui s'inquiète des conneries que je peux bien agiter dans ma tête de drogué hein?
Dieu? Satan? Bah, de toute manière, je leur crache à la gueule et je les encule à sec ces deux connards. Ils doivent bien s'amuser de là où ils sont ces deux gros cons. Avec leurs croix, leur purgatoire, leurs anges et leurs démons, autant dire qu'ils ressemblaient plus à deux gros glandus qui savent pas quoi faire de leur deux mains. D'ailleurs, suffit de se regarder devant la glace pour voir que Dieu, ça devait pas être un as du travail manuel. Ou alors, ça doit être un gros thon vus qu'il nous a fait à son image! En tout cas, la religion, c'est pas là que les gens vont trouver la solution à leur problème.

Une inspiration profonde du joint que je viens d'allumer. La sensation de plénitude lorsque la fumée remplit les poumons. Là, ça va mieux...
Ouais, ceux qui ont vraiment la classe en fait. C'est ceux qui choississent de vivre pleinement leur vie, d'une seule traite, sans aucun arrêt avec la mort comme terminus. Un sourire en repensant à Jimmy... Ouais, il y en avait eut pleins qui avaient tout sacrifié pour leur art. Jusqu'à leur vie. Et ils avaient la classe...
Et c'est pas parce qu'ils étaient pleins de soucis ou je ne sais quelle connerie qu'il fumait! Non, c'est parce que c'est ainsi que tout le monde devrait vivre. Vite pour mourir vite et surtout, pour mourir bien.
Bon moi, j'ai pas consacré ma vie à mon art vus que je suis pas artiste. Remarque, je suis sûr qu'une fois mort, on trouvera mes croûtes pas trop mal.Ca aussi c'était une belle connerie. Mourir pour devenir célèbre.
Suffisait de regarder l'autre dingue des tournesols et du sud là... Un artiste avec un nom allemand ou un truc comme ça... Ni une ni deux. Une fois enterré, on vend ses toiles et une vingtaine d'années plus tard, elles s'arrachent pour des sommes pas possibles. Il doit bien se marrer le mec aujourd'hui! Ca serait marrant que ça m'arrive quand même... Ouais, je vais écrire un testament tiens. En  disant que je veux qu'on me surnomme... Un surnom bien con tiens... Je suis sûr que dans l'art moderne y vont aimé ces abrutis... Ouais, le chien du pastis! La classe le surnom... Faudra que je resigne mes toiles comme ça...

Tiens, le soleil et là. Y a même le facteur. Je suis sûr je descend je lui fais peur vus comme je suis.! Putain de vie de merde. allez tous vous faire foutre tiens!
Rhoo et puis marre tiens! Je vais me casser maintenant! Pas par une overdose, c'est trop classique etr je suis sûr qu'ils me trouveront pas tout de suite ces cons! Faudra attendre que je sois bien faisandé pour qu'on vienne me voir... Ou que bien qu'on se rende compte que j'ai pas payé ma mensualité. Bande de connards. Non, je crois que je vais sauter. En face du facteur justement. Là pour le coup, ça va lui faire peur!
Une dernière bouffée de shit, un verre de whiskys cul sec.
Je m'approche de la fenêtre. A partir du dixième étage, je devrais pas me remettre debout normalement. Bon, signer les toiles en fait, on s'en fout. Vais plutôt écrire une connerie pour le testament tiens! Allez... Vous... Faire... Mettre... Bien profond! Signé, le chien du pastis!
Bande de connards, je vous emmerde tous! Je vous crache à la gueule, vous encule bien secs et j'hésiterais pas à revenir vous faire chier une fois mort! Putain de bordel de merde, saleté de vie...
C'est marrant de voir mes jambes se balancer dans le vide. J'aurais presque l'impresion de m'envoler. Oh tiens, les deux vieux d'en face viennent d'ouvrir les volets et y me regardent bizarrement. Coucou les deux cons... Coucou, coucou.... Connards! retournez dans votre confort et laissez moi tranquille... Tiens, tu le vois mon doigt mamy? Ben mets le toi là où je pense!

'Tain, y me lachent pas... Bon, ben allons choquer mamy. On finit la bouteille de whiskys sinon je suis sûr que les pompiers vont me taxer le reste. Allez, un petit coucou et c'est parti.
Whaaa... Ca chute vite quand même. Tiens, le facteur est en train de sortir! Surprise! Un junkie vous tombe dessus!




Aïe... 'Tain, c'était marrant cte vie quand même. J'aurais pas brillé avec les étoiles mais au moins, on se souviendra de moi! Et puis,surtout, tentez pas de me réanimer bande de connards. De toute façon, je peux même plus parler, j'ai l'impression que je crache du sang. Comme ça devient flou une fois que t'es mort. Et putain, on se les caille! Allez laissez moi dormir tranquille bande de cons! Cassez vous! Ou bien crachez sur mon cadavre si je vous dégoûte comme ça! Mais bordel, faites quelques chose de concret! Arrêtez de vous enfermer dans vos idées!
Putain, même en mourrant, j'aurais pas réussit à vous convaincre... Bande de salauds.. Bon maintenant, allons enculer Dieu et sa clique ou bien Satan et ses copains... On va se marrer je suis sûr... Bande de connards...
Par Corbeau noir
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 12 2007 20:32
Ils regardaient ensemble se lever le soleil. Une fois de plus, il se levait lui, l'astre solaire.
Alors que nombre de leur ami ne le reverrait plus.
C'était la guerre et eux trois, ils étaient soldats. Malheureusement ...

Il y avait un petit avec des cheveux noirs et bouclés. Il se rasait tout les matins en sifflant un air de sa campagne ardéchoise. Il riait beaucoup et adorait parler de sa femme, Jeanine qui lui envoyait une lettre tout les jours. Lui, il s'appelait Antoine.
Il y avait aussi le petit jeunot. Un grand gringalet qui marchait d'un air déglongué comme s'il lui manquait une ou deux pièces sous ses beaux cheveux blond. Lui, il ne pensait qu'aux filles de son village et particulièrement à la belle Dominique qui lui faisait de l'oeil à chaque qu'elle le voyait. Il leur racontait, aux deux autres, que s'il rentrait vivant, il l'épouserait de suite! Même contre l'avis de ses parents! Et ils auraient un petit marmot dans leur village de Provence... Et ce gamin porterait le nom de son grand-père, c'est-à-dire Marc.
Et enfin, il y avait Joseph, le bucheron de Savoie. Lui ne parlait pas beaucoup mais quand les deux autres révaient quand il leur parlait de ses grandes forets de sapins sombres où se cachait korrigans et autres créatures mystiques. Lui, il n'avait pas de femme. Tout ce qu'il voulait, c'etait retrouver sa cabane et sa tranquillité.

Cela faisait désormais quatre mois qu'ils étaient là, à repousser les Boches, à leur balancer des grenades, à leur tirer dessus, à se faire tirer dessus, à étouffer sous les gazs, à manger des rats et de la boue, à boire l'eau de pluie receuillit dans les bottes des copains morts et surtout, à crever.
Ils avaient pensé à déserter ou même à se faire blesser. mais à eux trois, ils s'étaient fait une promesse. Celle de tenir la France. Celle de protéger leur patrie.
C'était souvent Marc qui craquait et qui se mettait alors à pleurer en voyant ceux qui étaient morts leur du dernier assaut. Une fois, ils avaient même vus un boche mourir à leur pied, le ventre complètement ouvert à la baillonnette. Marc avait voulu l'achever mais les deux autres l'avaient empéché car ils manquaient tous de balles.
Le gamin s'était alors demandé si cette guerre était vraiment utile. Si cela ne revenait pas simplement à tuer des gens pareils à eux, à se tuer entre frères! Les deux autres lui avaient rappelé les copains morts sous les balles allemades et Marc avait séché ses larmes. Il s'était relevé et avait avancé sans regarder l'allemand.

Ils souffraient tous du manque de nourriture. La nuit, ils pouvaient sentir les rats courir sur leurs corps les rats qui essayaient aussi de leur ronger les bottes. Ils se réveillaient en sursaut et donnaient de grands coups de pieds. Les rats s'éloignaient alors en couinant et allaient parfois même ronger leurs compagnons morts...
Ils dormaient dans le boue et la flotte. Ils étaient continuellement mouillé et attraper a crève signifiait bien souvent la mort. Ils ne dormaient que peu de temps car des fois, les boches tiraient pour eur faire croire à un attaque et ils se réveillaient alors en sursaut pour attraper leurs armes et se mettre en position.
A eux trois, ils s'étaient organisés pour rattraper leur sommeil en journée en établissant des tours de gardes afin de prévenir les autres de l'arrivée des gradés.

Il y avait aussi les gradés. Eux ne venaient jamais avec eux. Ils restaient bien tranquilles dans les trachées, au chaud sous leurs tentes et même, avec du café. Oui, ils étaient privilégiés et ils ne comprenaient rien à ce que eux, ils enduraient.
Et puis même entre soldats, la vie n'était pas simple. Certains n'hésitaient pas à voler les cadavres si ce n'était pas les vivants durant leur sommeil. En fin de compte, l'ennemi était partout...

Ils dormaient de moins en moins. Ils se réveillaient souvent la nuit en repessant à tout les morts qu'ils avaient vut. Qu'ils soient allemands ou français. Ils hurlaient beaucoup dans leurs rèves et se réveillaient avec de la sueur sur tout le corps. ils arrivaient à peine à réfléchir et désormais, même lorsqu'ils dormaient le jour, c'était d'un sommeil agité qu'ils dormaient. Ils se voyaient pousser des petits cris plaintifs quand ils dormaient. Ils se voyaient pleurer. ils se voyaient surtout hurler...

Aujourd'hui, il pleuvait une bruime persitante qui mouillait les vètements de tout les soldats.
Aujourd'hui, on leur avait promis que ça serait la fin. Qu'ensuite ils rentreraient. Qu'ils pourraient de nouveau voir leur famille et leurs amis.
Alors, ils espéraient et s'accrochaient encore à cet espoir.
Mais on ne l'avait pas dit qu'il y aurait un dernier assaut. Cet assaut était censé mettre fin à ce front et permettre une avancée majeure dans le camp allemand.
On était le 16 avril 1917.
Ce matin, ils n'avaient pas put voir le soleil qui chaque matin, leur redonnait l'espoir de continuer à se battre pour que la France reste française, pour que leurs copains ne soient pas morts pour rien.

Ils se préparèrent et se prirent une dernière fois avant l'assaut dans les bras en se promettant de se protéger.
Marc pleura un peu de joie en se disant que demain, tout serait fini. Antoine et Joseph sourirent devant ses larmes et lui donnèrent une franche tape dans le dos. Oui, demain tout serait fini et ils seraient à nouveau chez eux.

Les fusils furent chargés. Les soldats en position. La tension était palpable dans l'air et chacun retenait son souffle. Comme à chaque assaut, nombre d'entre eux allait aujourd'hui mourir. Pour la France.
L'ordre fut donné. Ils s'avancèrent silencieusement et soudain,es mitrailleuses allemandes commencèrent à cracher le feu. Des hurlements fussèrent de tout les cotés et les premiers soldats tombèrent.
Des balles sifflaiet aux oreilles des autres et parfois, ils étaient touchés. A la tête, au corps...
Antoine ressentit une douleur au ventre et s'effondra sans un cri. Ni Marc, ni Joseph ne le virent.
Il les vit s'éloigner vers la tranchée allemande avant de sombrer dans le noir.
Ils étaient presque arrivés lorsqu'ils virent les allemands sotirent de leur trou. Il y eut quelques coups de feu et beaucoup de coups de baillonnettes. Marc se fit trancher la gorge et Joseph hurla son nom lorsqu'il le vit tomber.
Il tua deux allemands avant de s'agenouiller près de lui pendant qu'il agonisait.
Une balle dans le coup l'acheva net.

Le matin se levait à nouveau sur les corps de ces trois hommes. Un soleil flamboyant se levait à nouveau sur le champ de bataille encore jonché des cadavres des soldats. Des hommes qui ne parlaient pas la même langue. Mais qui restaient des hommes. La guerre avait fauché Marc, Antoine, Joseph et combien d'autres encore avec un destin commun.
N'oublions jamais leur vie et leur destin....
Par Corbeau noir
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